Scandale de l’autoroute Est-Ouest: Ghoul accuse directement le DRS

Scandale de l’autoroute Est-Ouest: Ghoul accuse directement le DRS

par Moncef Wafi, Le Quotidien d’Oran, 29 février 2016

Et si la sortie médiatique de Amar Ghoul sur le journal arabophone Ennahar, réputé proche des cercles du pouvoir, est le prélude au retour de Chakib Khelil aux affaires ?

Interviewé sur nombre de dossiers de l’actualité, principalement sur l’affaire de l’autoroute Est-Ouest, ses relations avec l’ex-patron du Département du Renseignement et de la Sécurité et le frère du président de la République, l’actuel ministre du Tourisme a tiré à boulets rouges sur le DRS, l’accusant d’avoir fabriqué de faux rapports dans le dossier du scandale de l’autoroute Est-Ouest pour lui nuire.

L’ancien ministre des Travaux publics, dont le nom a été cité dans l’affaire de corruption liée au projet du siècle, a résumé le dossier de l’autoroute à un conflit entre deux factions rivales au sein même des Services, reprenant à son compte la réflexion d’un des principaux inculpés accusés dans le procès éponyme. «Personnellement, j’ai beaucoup souffert de cette tentative de salir ma réputation dans une affaire où la justice m’a innocenté ainsi que le secrétaire général du ministère des Travaux publics et mon directeur de cabinet alors qu’il a été établi que les rapports du DRS étaient orientés», dira-t-il encore. Quant à ses rapports avec le général major à la retraite Mohamed Mediene, alias Toufik, avec qui il partageait des parties de football, selon ses dires, Amar Ghoul affirmera qu’il n’avait à aucun moment évoqué l’affaire avec lui et que le patron du DRS n’avait pas non plus abordé le dossier avec lui «ni cherché à ce que je l’éclaire sur un quelconque point de l’affaire». A propos du contenu du dossier de l’autoroute Est-Ouest, il généralisera sa réponse à tous les dossiers qu’il résumera à «une montagne qui accouche d’une souris». Des affaires, dont celle de Sonatrach, fruits d’une comédie politique et d’une sur-médiatisation qui «ont cassé plusieurs entreprises, bloqué nombre de projets et sali la réputation de l’Algérie». Pour lui, c’est le chef de l’Etat qui est personnellement visé par ces attaques, imputant à la guerre des clans au sein du DRS les grosses pertes enregistrées par le pays, dédouanant en une phrase tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’Algérie.

Un DRS dont le chef a été remplacé par Bouteflika lui-même, reconnaît-il, par un Tartag connu comme «une compétence nationale et une force tranquille». A propos des cadres de l’Etat, il demande leur réhabilitation sans les citer mais tout porte à croire que le président du TAJ faisait référence à Chakib Khelil cité nommément dans le procès de Sonatrach.

Il n’est un secret pour personne qu’une discrète campagne est en train d’être menée pour le retour de l’ancien homme fort du système. Quant à ses relations avec Saïd Bouteflika, il dira qu’elles sont empreintes «d’amitié et de fraternité et tout ce qui se dit à son propos contribue à fragiliser le président à travers son entourage».