« Le nombre des arrestations a augmenté depuis les élections du 12 décembre »

Sonia Lyes, TSA, 24 décembre 2019

Il n’y a aucun signe d’apaisement et le nombre des arrestations a même augmenté depuis l’élection présidentielle du 12 décembre. Le constat est de Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

« La justice est toujours aux ordres. Rien n’a changé. Le nombre des arrestations a augmenté depuis les élections du 12 décembre. Beaucoup de personnes sont quotidiennement convoquées par la justice pour entrave à la campagne électorale. Il n’y a aucun signe d’apaisement de la part du régime. Pour preuve, les demandes de libération provisoire de Karim Tabbou et de Fodil Boumala ont été rejetées par la justice », regrette-t-il dans un entretien paru dans l’édition de ce mardi 24 décembre du quotidien El Watan.

Concernant les conditions de détention des personnes incarcérées, M. Tansaout les qualifie de « mauvaises ». « Les conditions de détention sont mauvaises dans l’établissement pénitencier d’El Harrach (Alger), de l’avis même de détenus. Le dernier témoignage en date est celui de Messaoud Leftici, qui vient de recouvrir la liberté. Il était en isolement depuis le début décembre parce qu’il avait refusé d’obtempérer à une décision de l’administration lui enjoignant de faire des travaux d’intérêt public. Selon ses avocats, il a été placé dans une chambre de deux mètres carrés, dépourvue de lumière. Quand il allait à la rencontre de ses avocats, il avait les yeux incommodés par la lumière », dénonce-t-il, tout en disant ne pas comprendre pourquoi la justice « continue à reporter les procès des détenus ».

Le coordinateur du CNLD s’est par ailleurs montré sceptique quant à une amélioration de la situation à la faveur de l’élection d’un nouveau président de la République, rappelant que Abdelmadjid Tebboune, « durant la campagne électorale, n’a pas soufflé mot sur le sort des détenus, à l’instar des autres candidats ».

« Par définition, le chef de l’État n’a pas les pouvoirs de grâce. C’est plutôt le Président qui dispose de ce pouvoir. Mais Tebboune est affaibli. D’ailleurs, il vient de reconduire le même gouvernement désigné par Bouteflika. Tout le monde sait qu’il n’a aucun pouvoir de décision. On n’attend rien de lui et on refuse toute offre de dialogue », tranche-t-il.