Boukadoum Premier ministre par intérim, Dahmoune limogé

Sonia Lyes, TSA, 19 décembre 2019

Le Premier ministre Noureddine Bedoui a présenté sa démission au nouveau président de la République, Abdelmadjid Tebboune, quelques heures seulement après la prestation de serment de celui-ci, effectuée ce jeudi 19 décembre au centre international des congrès. Le chef de l’État a nommé Sabri Boukadoum comme Premier ministre par intérim. M. Boukadoum était ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement sortant.

M. Tebboune a également mis fin aux fonctions du ministre de l’Intérieur Salah Eddine Dahmoune, qui s’est distingué récemment par des attaques contre le hirak. Il a été remplacé par le ministre de l’Habitat, Kamel Beldjoud.

La démission de Bedoui était dans l’air depuis l’élection présidentielle du 12 décembre, remportée par Tebboune avec plus de 58% des voix. Elle était réclamée par ailleurs par les manifestants du hirak depuis la démission de Bouteflika le 2 avril. Bedoui avait été nommé le 11 mars en remplacement d’Ahmed Ouyahia, le jour même où Bouteflika avait renoncé officiellement à briguer un cinquième mandat que lui contestait la rue depuis le 22 février. Les membres de son gouvernement ont été, eux, nommés le 1er avril, la veille de la démission de l’ancien chef de l’État.

Dans son discours d’investiture ce jeudi, Tebboune a rendu hommage au Premier ministre pour son rôle dans la période de transition qui s’achève.

Bedoui était l’un des trois ‘B’, avec le chef de l’État par intérim Abdelkader Bensalah et le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaïz, dont la rue exigeait la démission comme gage de transparence du processus de transition. Belaïz avait démissionné dès le 16 avril et Bensalah a vu sa mission prendre fin ce jeudi 19 décembre avec l’entrée en fonction du nouveau président. Avec la démission de Bedoui, c’est donc le dernier ‘B’ qui s’en va.

Tout le pays attend désormais de connaître combien durera la mission de Boukadoum et quelle sera la composante du nouveau gouvernement. Les observateurs s’accordent à dire que c’est à travers la nouvelle équipe gouvernementale que l’on pourra cerner avec plus de précision la politique que compte mener le nouveau chef de l’État.