Alors que la situation reste toujours tendue à Bouira : La mobilisation et les appels au calme se multiplient

Amar Fedjkhi, El Watan, 02 décembre 2019

Les récents affrontements violents opposant les forces antiémeute de la police aux manifestants, venus nombreux pour empêcher et dénoncer le meeting du candidat à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, Ali Benflis, continuent de faire réagir la société civile.

L’émeute, qui a plongé le quartier Draa El Bordj et les alentours de la maison de la Culture Ali Zamoum dans le cauchemar et de la violence, a failli faire perdre au hirak sa tranquillité habituelle.

Les affrontements, sur lesquels les Bouiris se posent des questions, se sont soldés par 45 blessés, dont 5 jugés sérieux. L’une des victimes, qui se trouve toujours en observation médicale au Chu Mustapha Pacha d’Alger, avait été touchée à l’œil par un projectile, a-t-on appris de source médicale.

Pour éviter que la situation ne dégénère, ce qui risquerait de faire perdre son statut pacifique au hirak, des animateurs du mouvement révolutionnaire ont multiplié les actions de sensibilisation.

Dans la commune d’Ath Laâziz, une localité de haute montagne et qui s’est «illustrée» récemment par une action «inédite» après que des villageois ont procédé à la fermeture des entrées du siège de l’APC à l’aide de ciment et de briques, une action qui s’est vite généralisée à travers plusieurs communes de la wilaya et des autres régions de Kabylie, un rassemblement de soutien aux familles des blessés a été organisé au début de soirée de samedi dernier.

En présence de la famille du jeune touché par un projectile à l’œil, originaire de la localité de Malla, des citoyens étaient unanimes à condamner l’acte tout en appelant au calme. «Nous devons rester unis et pacifiques dans nos actions», a déclaré Brahim Bahmed, enseignant et élément très actif du hirak. D’autres intervenants, qui se sont solidarisés avec les blessés, ont appelé à la vigilance et à se solidariser avec le blessé. Une action de collecte d’argent a été débutée pour un éventuel transfert de la victime pour un hôpital spécialisé à l’étranger.