Abdelaziz Hammadi, avocat de l’ex-ministre de la Justice: «Louh est poursuivi pour ses actes de gestion et non pour corruption»

Salima Tlemcani, El Watan, 26 novembre 2019

Avocat du barreau de Tlemcen, Abdelaziz Hammadi affirme que Tayeb Louh, ex-ministre de la Justice, est poursuivi pour «ses actes de gestion et non pour corruption». Il déclare que son mandant «n’a jamais été entendu» sur l’affaire Chakib Khelil, «toujours pendante» au niveau de la justice, en précisant que c’est le procureur général, Belkacem Zeghmati, qui a lancé le mandat d’arrêt contre Khelil, annulé par le juge, après réquisition du même procureur général, pour vice de procédure.

Avocat de l’ex-ministre de la Justice, Tayeb Louh, Abdelaziz Hammadi, du barreau de Tlemcen, a tenu, dans une déclaration à El Watan, à apporter un éclairage sur l’affaire de son mandant, tout en évitant de s’exprimer sur les faits pour lesquels ce dernier est poursuivi. Pour lui, Tayeb Louh a été inculpé et placé en détention provisoire pour «des actes de gestion» de son département et «non pas pour des faits liés à la corruption, comme cela a été rapporté» par les médias.

Il écarte tout lien avec l’affaire Chakib Khelil en disant : «Le mandat d’arrêt international dont il a fait l’objet a été lancé par le procureur général près la cour d’Alger de l’époque, qui était Belkacem Zeghmati. Se rendant compte d’un vice de procédure, le juge d’instruction a annulé la procédure, sur réquisition du parquet général.» Comment une telle erreur a-t-elle pu échapper à un fin procédurier comme Belkacem Zeghmati ?

Réponse de Me Hammadi : «Je ne sais pas. Ce qui est certain, c’est que c’est lui-même qui a ordonné la procédure du mandat d’arrêt international. Il y a eu vice de procédure, le juge, après réquisition du même procureur général, a annulé le mandat d’arrêt. Il y a eu une correction. Le procureur général a continué, longtemps après, à assumer sa mission. Il est donc faux de dire que le ministre de la Justice Tayeb Louh a été entendu dans le cadre de cette affaire. Son inculpation n’a aucun lien avec ce dossier. Je peux vous assurer que l’ex-ministre n’a jamais interféré dans la gestion des affaires de justice.»

Une affirmation qui vient contredire les révélations de Me Younesi, avocat de Kamel Chikhi, principal accusé dans l’affaire des 701 kg de cocaïne. Il y a une année, l’avocat avait déclaré, dans les colonnes d’El Watan, que son mandant avait reçu dans sa cellule à El Harrach «un haut responsable» du ministère de la Justice, «porteur d’un message du ministre», promettant de révéler le contenu de ce dernier en temps opportun.

Mais Me Hammadi se refuse à tout commentaire à ce sujet. Il affirme : «Je ne veux pas entrer dans ce dossier. Je tiens juste à vous dire que les faits pour lesquels mon client est poursuivi relèvent exclusivement de ses actes de gestion. Ils ne sont pas liés à des dossiers de corruption. Tout ce qui a été annoncé à propos de son implication dans des affaires de pots-de-vin, de Chakib Khelil est faux.» Malgré notre insistance, Me Hammadi refuse catégoriquement de nous livrer un quelconque détail sur ces «actes de gestion» pour lesquels Tayeb Louh et son secrétaire général ont été placés en détention par le conseiller instructeur près la Cour suprême en disant : «Tant que l’affaire est en instruction, je ne peux parler des faits.»