Nouvel échec de négociation avec la tutelle: Les enseignants du primaire décident de boycotter les examens

M. Aziza, Le Quotidien d’Oran, 24 novembre 2019

La rencontre entre les représentants du ministère de l’Education nationale et le collectif des enseignants libres du primaire, qui a eu lieu jeudi dernier, a duré 13 heures sans qu’aucun accord ne soit trouvé.

C’est ce qui ressort du communiqué rendu public par le collectif des enseignants du primaire qui a décidé de reconduire sa grève cyclique de trois jours (lundi, mardi et mercredi) avec un sit-in demain lundi devant l’annexe du ministère de l’Education (Ruisseau) tout en décidant de boycotter l’examen de 1er trimestre.

Selon les grévistes, la rencontre avec le ministère de l’Education n’a débouché sur aucune solution ni réponse concrète aux principales revendications, à l’exception de la reconnaissance de la légitimité des revendications des enseignants du primaire.

Ce qu’ils déplorent est que le ministère de l’Education a exprimé l’impossibilité de procéder à l’unification du classement et des salaires des enseignants des trois cycles. Quant à la revendication relative à l’application «immédiate et avec effet rétroactif» du décret présidentiel 14/266, le ministère de l’Education a renvoyé son application après le mois de mars, c’est-à-dire en 2020. Car son application nécessite la promulgation d’un décret exécutif.

Mis à part quelques engagements «verbaux» sur le volet pédagogique, aucune réponse concrète sur la révision du statut particulier n’a été donnée, sous prétexte que cette question ainsi que d’autres relèvent des prérogatives du gouvernement et de la fonction publique et non pas du ministère de l’Education, soutient le collectif.

Le chargé de communication de l’UNPEF, Abdelouahab Lamri Zegar, a affirmé que son syndicat estime que les revendications des enseignants du primaire sont «légitimes» et que son syndicat, dans tous les cas de figure, continuera à soutenir le collectif des enseignants du primaire.

En ce qui concerne la réunion, il a confirmé que cette rencontre s’est soldée encore une fois par un échec «pour la simple raison que la tutelle s’est engagée partiellement à solutionner les revendications secondaires, laissant pour compte les revendications principales notamment celle relatives au reclassement et l’application du décret 14 /266».

Il a annoncé que son syndicat va se réunir avec les bureaux de wilayas aujourd’hui (ce dimanche), et va chercher les moyens pour accompagner et soutenir les enseignants du primaire dans leur mouvement de protestation.

Enfin, le collectif des enseignants du primaire a décidé de saisir la chefferie du gouvernement pour trouver des solutions à leurs principales revendications. En l’absence de réponse, le collectif n’écarte pas la radicalisation du mouvement de contestation, en optant pour d’autres actions plus dures.