35e marche du vendredi: La mobilisation ne faiblit pas

M. Aziza, Le Quotidien d’Oran, 19 octobre 2019

Les protestataires ont poursuivi hier leur manifestation contre «les résidus du système en voie de recyclage», et ce, pour le 35ème vendredi consécutif, à Alger et à travers plusieurs villes du pays.

Des milliers de personnes sont sorties dans la rue pour dire «non» à l’élection présidentielle que le pouvoir a décidé d’organiser le 12 décembre prochain. En exigeant haut et fort la libération de tous les détenus du hirak et les personnalités politiques, ainsi que le retrait de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures.

Les manifestants veulent que notre pays s’inspire de la récente expérience tunisienne, en organisant des élections libres et transparentes. «Félicitations pour nos frères tunisiens, nous attendons notre tour, pour l’élection d’un président choisi par le peuple», scandaient les manifestants. D’autres persistent et signent : «Il n’y aura pas de vote avant le départ de Bedoui et de Bensalah». Ils précisent à travers leurs pancartes brandies: «Vous n’avez pas compris, le peuple rejette la tenue des élections dans les conditions actuelles». Sur une autre pancarte, il était écrit «on ne peut sortir de la crise politique sans des élections libres et transparentes et sans une justice et des médias indépendants et libres».

La foule arrivant de Bab El Oued répétait devant les forces de l’ordre «le hirak est un devoir national», dénonçant à l’occasion la répression et l’arrestation, notamment des étudiants.

Les manifestants raclement un changement. Sur une pancarte un manifestant a écrit «Bouteflika est parti, le système est toujours là, ce dernier a détruit tous les fondements d’un Etat, l’Algérie est en danger (décadence et déliquescence), la solution : l’application de l’article 07 et 08 pour reconstruire à nouveau notre bien-aimée l’Algérie ».

Le dispositif sécuritaire habituel a été mis en place au centre-ville avec une présence en force devant les institutions de l’Etat, devant le Parlement et le Sénat et bien évidemment devant la Grande Poste d’Alger et le Tunnel des Facultés. Et en barricadant les ruelles menant vers le Palais de gouvernement et de la Présidence. Mais, faut-il le signaler, aucune arrestation n’a été opérée jusqu’à 17 heures passées.