Il a été auditionné jeudi par les juges : «La procédure d’emprisonnement de Fersaoui accélérée»

Iddir Nadir, El Watan, 14 octobre 2019

Le président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) a été transféré, jeudi dernier, à la prison d’El Harrach après son audition le soir même par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

Ses avocats, qui lui ont rendu visite hier, expliquent que la «procédure a été accélérée» après son arrestation par des agents en civil à l’issue du rassemblement organisé jeudi en soutien aux détenus devant le tribunal de Sidi M’hamed.

«Fersaoui a été arrêté jeudi. Il a été interrogé par la police qui menait des investigations sur lui depuis un certain temps. Il a été présenté à 20h devant le procureur de la République qui l’a transféré au juge d’instruction de la chambre 10, le même que celui qui a auditionné Karim Tabbou.

Le juge d’instruction l’a placé sous mandat de dépôt pour deux chefs d’inculpation prévus dans les articles 74 et 79 du code pénal, à savoir ‘‘atteinte à l’intégrité du territoire national’’ et ‘‘incitation à la violence’’», précise Me Ikken Sofiane, avocat affilié à la LADDH et membre du collectif de défense ayant rendu visite hier au détenu à la maison d’arrêt d’El Harrach.

Selon l’avocat, la présentation devant les juges est accélérée par la police «pour éviter qu’il y ait rassemblement» en soutien au détenu. Fersaoui «qui s’attendait à être arrêté» se porte «très bien», relate son avocat.

«Il nous a dit qu’il a été bien traité par la police. Lors du premier jour de sa détention (jeudi), il a, certes, été mis dans une salle remplie de détenus. Mais après, il a été placé dans une autre salle avec téléviseur», signale Me Ikken.

La mise en détention de Fersaoui est intervenue moins d’une semaine après l’arrestation suivie d’un placement en détention de cinq autres membres de l’association, mis en détention provisoire sous les accusations d’«incitation à attroupement» et «atteinte à l’intégrité et l’unité du territoire».

Précisons par ailleurs que le procureur du tribunal de Sidi M’hamed a placé, hier, l’activiste Nabil Alloun en détention provisoire à la prison d’El Harrach, a annoncé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Originaire d’Ahnif (Bouira), le détenu a été arrêté vendredi matin à la Grande-Poste, à Alger, et a été placé en garde à vue au commissariat de Cavaignac avec 15 autres manifestants, depuis jeudi soir.

«Les 15 autres manifestants ont tous été relâchés par la police, alors que le procureur du tribunal a annoncé le mandat de dépôt contre Nabil Alloun cet après-midi et en catimini. Aucun avocat ni sa famille n’ont été informés.

C’est son frère, qui a pris contact avec le CNLD, qui s’est déplacé aujourd’hui au tribunal pour chercher l’information. Ce n’est que cet après-midi qu’il a confirmé le mandat de dépôt de son frère Nabil, accusé d’incitation à attroupement et atteinte à la sécurité d’Etat», signale le CNLD.