Pour booster les échanges inter-africains: Vers un démantèlement tarifaire de 90%

Nawal Imès, Le Soir d’Algérie, 8 octobre 2019

Les échanges entre l’Algérie et les pays du continent africain restent en deçà des potentialités. Ils ne représentent que 15% du volume total des échanges et moins de 2% des échanges mondiaux. Pourtant, l’Algérie considère les pays africains comme un espace « naturel » d’expansion. L’adhésion à la Zone de libre-échange africaine vise, justement, à reconquérir ce marché. Dès 2020, un démantèlement tarifaire de l’ordre de 90% est prévu dans cet objectif

Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Implacables, les statistiques font ressortir que les échanges inter-africains restent encore très faibles. De l’aveu même du ministre du Commerce, le volume actuel de ces échanges se situe autour de 15%, représentant moins de 2% du volume mondial des échanges et se plaçant au plus bas du tableau des modèles de coopération continentale. Pourtant, les potentialités sont énormes. Saïd Djellab parle d’un volume pouvant atteindre les 35 milliards de dollars, pour un marché intéressant plus d’un milliard de personnes.
Pour tenter d’y remédier, la Zone de libre-échange africaine offre un cadre qui, aux dires du ministre du Commerce, est à la hauteur des enjeux. Il s’agit de redonner à l’Algérie la place naturelle qui lui revient au sein du continent africain qui reste, dit-il, au centre des intérêts de l’Algérie et constitue un choix stratégique qui nécessite de développer davantage la coopération interafricaine.
Pour profiter pleinement des avantages qu’offre la Zone de libre-échange africaine, il faudra, néanmoins, mettre en place des politiques cohérentes et identifier les niches productives. Cela ne se fera pas sans l’implication des opérateurs économiques qui seront associés au dialogue.
Concrètement, des zones commerciales seront installées au niveau des zones frontalières du Sud, pour en faire des plateformes pour les échanges inter- africains dans une démarche qui se veut pragmatique. Il s’agira concrètement de donner la préférence au produit africain en le privilégiant.
Pour y arriver, le ministre du Commerce préconise d’uniformiser et de lever les obstacles douaniers, ceux liés aux difficultés au niveau des banques, mais également ceux ayant trait aux normes phytosanitaires. Dès 2020, le démantèlement tarifaire va toucher 90% des produits avant d’arriver à un total démantèlement tarifaire d’ici 2024. Les opérateurs économiques devront s’y préparer.
Egalement présent à la conférence nationale sur les enjeux de la Zone de libre-échange africaine, le ministre des Affaires étrangères a fait part de la disponibilité de la diplomatie à se mettre au service de ce projet.
La Zone de libre-échange africaine a déjà suscité l’adhésion de 29 pays, en attendant que le reste des pays ratifient l’accord.

Règle 51-49
«Pas de dogmatisme», selon Djellab
« En économie, il n’y a pas de dogmatisme mais du pragmatisme .» C’est la réponse faite par le ministre du Commerce à une question relative à la règle du 51-49, imposée pour tout investissement étranger en Algérie.
Saïd Djellab affirme que son département avait fait le bilan de cette mesure et est arrivé à la conclusion selon laquelle il fallait « libéraliser » certains secteurs pour les rendre plus attractifs.
N. I.