Détention de Hanoune, Saïd, Toufik et Tartag : l’instruction risque de « durer encore des mois »

Imane Aouimeur, TSA, 26 Août 2019

Le collectif de défense des Louisa Hanoune, en détention à la prison militaire de Blida depuis le 9 mai dernier, a présenté lundi 19 août une nouvelle demande de liberté provisoire pour la secrétaire générale du PT, a indiqué ce lundi 26 août à TSA Arabi, Me Boudjemaâ Ghechir, un de ses avocats.

« Nous avons présenté le lundi 19 août une demande de mise en liberté de Louis Hanoune et nous attendons une réponse de la part du juge d’instruction du Tribunal militaire (TM) de Blida », a précisé Me Ghechir. Le TM de Blida avait déjà rejeté trois demandes similaires présentées par le collectif des avocats de Mme Hanoune.

Mme Hanoune est poursuivie pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État ». Les mêmes chefs d’inculpation ont été retenus par le même tribunal contre le général Toufik, Saïd Bouteflika et le général Tartag, qui ont été tous placés en détention provisoire à la prison militaire de Blida, le 5 mai dernier.

Pour Me Ghechir, l’instruction des dossiers de ce quatuor, risque de durer « encore des mois, en raison de l’apparition de nouveaux prévenus dans l’affaire. » « Le dossier est en cours d’instruction parce qu’il a de nouveaux prévenus, après le lancement par le Tribunal militaire, de mandats d’arrêt contre le général Khaled Nezzar, son fils et Farid Benhamdine, directeur d’une entreprise pharmaceutique », a expliqué Me Ghechir. Ces trois derniers sont en fuite à l’étranger.

« Ces trois accusés porte à sept le nombre de personnes poursuivies, et donc l’instruction va se poursuivre, et le juge d’instruction est obligé d’attendre les réponses des pays destinataires des mandats d’arrêt », a-t-il ajouté.

« Le juge d’instruction ne peut saisir le tribunal ou agir de quelque manière que ce soit, avant de recevoir les réponses des pays qui ont été contactés, ou si les délais raisonnables précisés dans le Code de procédure pénale sont expirés, car il (le juge d’instruction) ne peut pas conserver le dossier pour toujours », a encore expliqué Me Ghechir.

Et si l’Algérie échoue à faire extrader Nezzar, son fils et Farid Benhamdine, Me Ghéchir pense que « cette affaire sera renvoyée devant le tribunal et que ces accusés seront jugés par contumace ».

De son côté, Me Miloud Brahimi, avocat de Saïd Bouteflika et du général Toufik, assure que « les enquêtes avec ces deux personnes se poursuivent, et qu’il n’a rien de nouveau ».