Forum du dialogue national : Rahabi évoque de nouvelles consultations

Hocine Lamriben, El Watan, 8 juillet 2019

Les animateurs du Forum du dialogue national, organisé par les forces du changement, envisagent d’engager de nouvelles consultations avec d’autres forces politiques et des représentants de la société civile, dans l’espoir d’obtenir un «accord politique global» de sortie de crise, a souligné, hier, l’ancien ministre et coordinateur la conférence du Forum national du dialogue, Abdelaziz Rahabi.

«Nous n’avons même pas un début de dialogue. Il reste aujourd’hui la possibilité d’élargir ce que nous avons fait aux autres forces politiques. C’est ce que nous envisagerons de faire avec la prochaine étape», a estimé A. Rahabi, invité d’une radio publique. Les prochaines consultations tenteront d’avoir «une approche commune et consensuelle de l’ensemble de l’opposition et de la société civile pour sortir de la crise. Nous n’attendons pas que les propositions du pouvoir nous sortent de la crise. Il s’agit d’un effort national de sortie crise (…), il y a urgence à trouver un accord politique global», a-t-il ajouté.

Samedi, les forces du changement, regroupant entre autres les partis politiques dirigés par Ali Benflis, Abdallah Djaballah, Abderrezak Makri, Noureddine Bahbouh et Soufiane Djilali, ont appelé à la création d’une instance de dialogue en vue d’organiser, «dans six mois», une élection présidentielle, excluant la participation des «symboles de l’ancien régime».

Des forces de l’alternative démocratique, comme le FFS, le RCD ou le PT, avaient refusé de participer à cette réunion. Pourtant, Abdelaziz Rahabi garde espoir. «J’ai proposé moi-même aux forces de l’alternative démocratique de chercher la possibilité de jeter les ponts entre nos deux alternatives et de chercher des convergences. Elles peuvent exister, d’autant plus que ce groupe ne réclame pas, avec autant de fermeté et d’exigence, une Constituante. Ce qui est en soi une évolution très intéressante pour pouvoir jeter des ponts entre les initiatives proposées sur la scène politique», a-t-il expliqué, en excluant que la rencontre de samedi dernier ait fixé une date pour la tenue d’une élection présidentielle. Celle-ci sera organisée, selon lui, «quand toutes les mesures de confiance seront mises en place et que les Algériens seront convaincus de la sincérité du gouvernement à organiser des élections transparentes et régulières».

L’ex-diplomate a estimé que les «conséquences imprévisibles» de l’impasse politique imposent de trouver en urgence «un accord politique global». Une sortie de crise passe, à ses yeux, par un «compromis solide» basé sur les garanties que «le pouvoir doit donner pour montrer qu’il est disposé à céder de ses prérogatives, qu’il est prêt aussi à entrer dans une phase de transformation démocratique et à organiser des élections transparentes».

Interrogé sur le dernier discours du chef de l’Etat par intérim, Abdelaziz Rahabi a assuré que celui-ci, en proposant une autorité indépendante chargée d’organiser et de contrôler des élections, a évolué, uniquement, sur le plan technique. «Il faut prendre note du discours du chef de l’Etat. En revanche, cela reste insuffisant parce que peu de choses ont changé», a-t-il déploré.

A ce propos, l’ancien ministre a cité les entraves «à la liberté, à l’exercice de liberté de réunion, mais également aux interpellations, aux intimidations pendant les marches, à la fermeture du champ de l’audiovisuel public».