Conférence de Manama : Les Palestiniens ont déjà dit non

El Watan, 25 juin 2019

C’est aujourd’hui que débute la fameuse conférence organisée par les Etats-Unis à Manama, au Bahreïn, pour discuter le volet économique du plan de paix américain pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Un plan de paix qui n’a pas été publié à ce jour, bien que l’Administration Trump en parle depuis deux ans déjà.

Ce plan de paix, baptisé la «transaction du siècle», a vraisemblablement  commencé à être appliqué sur le terrain avec la reconnaissance par Trump et son Administration de la ville sainte d’Al Qods, occupée et annexée par israel en 1967, comme capitale d’Israël, puis par le transfert de l’ambassade des états unis de Tel-Aviv, à cette ville dont les palestiniens veulent faire de la partie Est, leur capitale, et enfin, par la tentative de démolition de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens UNRWA, en la privant de 360 millions de dollars, la contribution annuelle américaine au budget de cette institution qui a gardé vivante la question des réfugiés durant sept décennies.

Pour toutes ces positions et mesures qui vident la cause palestinienne de tout sens, la direction, à sa tête le président Mahmoud Abbas, a rejeté le plan de paix américain y compris son volet économique qui sera discuté à Manama les 25 et 26 juin.

Le président palestinien Mahmoud Abbas avait déclaré dimanche, lors d’une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie occupée, que la conférence de Bahreïn sur le volet économique du futur plan de paix américain pour résoudre le conflit israélo-palestinien était vouée à l’échec : «Nous sommes certains que la conférence de Manama ne sera pas un succès.»

Le dirigeant palestinien estime que, même  si les Palestiniens ont besoin d’aides diverses pour améliorer leur économie, la solution politique est prioritaire. «Nous ne serons ni les esclaves ni les serviteurs de Greenblatt, Kushner et  Friedman», a déclaré Mahmoud Abbas. Et d’ajouter : «Nous ne pouvons accepter que l’Amérique transforme cette cause qui est politique en une cause économique.»

JasonGreenblat est l’émissaire américain au Proche-Orient, Jared Kushner est le gendre du président Trump et son conseiller, David Friedman est l’ambassadeur des Etats-Unis dans l’Etat hébreu. Ces trois Américains,  tous juifs orthodoxes, sont responsables de l’élaboration du controversé plan de paix.

Certains pays arabes alliés des Etats-Unis – Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Egypte, Jordanie et Qatar – ont annoncé leur participation, alors que d’autres, comme l’Irak et le Liban, ont décliné l’invitation.

Certaines factions palestiniennes dont le Fatah et le mouvement Hamas qui contrôle la bande de Ghaza depuis l’été 2007, suite à un putsch armé,  ont refusé la participation de toute partie palestinienne à la conférence de Manama et ont qualifié de «traîtrise» la présence de certains pays arabes à cet événement considéré par les Palestiniens comme un élément de la conspiration visant à liquider définitivement leur cause.

Tout plan de paix qui ne reconnaît pas aux palestiniens le droit d’avoir leur propre Etat libre et indépendant selon les frontières de 1967, avec Al Qods  comme capitale, et un règlement juste de la question des réfugiés palestiniens basé sur la résolution 194 des nations unies, n’a aucune chance de réussir.