Grave détérioration de l’état de santé du général à la retraite Hocine Benhadid

Son avocat exige un «transfert urgent vers une clinique avant qu’il ne soit trop tard»

Salima Tlemcani, El Watan, 23 juin 2019

Poursuivi et détenu depuis le 12 mai dernier à El Harrach pour «avoir participé en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l’armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale», le général à la retraite Hocine Benhadid «se porte très mal» en raison de la «détérioration» de son état de santé au pavillon pénitentiaire de l’hôpital Mustapha, à Alger, après une deuxième opération chirurgicale subie mardi dernier.

A la veille du dépôt de la deuxième demande de mise en liberté, son avocat, Me Bachir Mechri, alerte l’opinion publique et en même temps accuse le juge d’instruction «d’abuser de son pouvoir pour maintenir la détention alors que l’instruction a pris fin». «Nous savons de sources fiables proches de l’équipe médicale que la plaie de la seconde opération chirurgicale s’est infectée en raison de l’absence d’aseptisation du service où il est hospitalisé, d’une part, et de la détérioration de son état de santé, d’autre part.

De ce fait, et avant que l’infection n’atteigne les os et devienne intraitable et qu’il soit trop tard, nous demandons l’évacuation urgente du prévenu vers une clinique spécialisée qui assure les conditions d’hygiène et de soins», écrit Me Bachir Mechri en précisant que l’instruction avec Benhadid a pris fin, mais «le juge d’instruction abuse de son pouvoir puisqu’il n’a pris aucun acte de procédure dans le but de prolonger délibérément sa détention provisoire mettant ainsi sa vie en danger.» Le général à la retraite avait été inculpé et placé sous mandat de dépôt, à la prison d’El Harrach, alors que son état de santé, affecté par de lourdes maladies, était sévèrement dégradé ne pouvant ni parler ni se tenir debout. «C’est sur une chaise roulante qu’il est déplacé entre la prison et le tribunal de Sidi M’hamed, pour être entendu.

Il a fait une chute qui lui a causé une fracture au bassin, nécessitant une intervention chirurgicale à l’hôpital Mustapha, où il a été gardé en convalescence au pavillon pénitentiaire. Notre première demande de mise en liberté a été rejetée, malgré l’état de santé du prévenu. Malheureusement, cette opération n’a pas réussi, nécessitant une autre intervention, subie mardi dernier au même service, à la veille de son procès en appel à la cour d’Alger.

Les conditions d’hygiène n’étant pas garanties, M. Benhadid a encore une fois rechuté, avec une infection de la plaie. S’il n’est pas évacué rapidement vers d’autres structures plus aptes à stopper l’infection, il risque de perdre la vie», déclare Me Mechri.