18e vendredi de contestation : Les Algériens réaffirment leur unité

Abdelghani Aichoun, El Watan,  22 juin 2019

Les Algériens sont sortis en masse, hier, lors du 18e vendredi de la contestation populaire, à travers plusieurs villes du pays, dont bien sûr la capitale. Ainsi, à Alger, ils étaient des milliers à battre le pavé pour réaffirmer, surtout, leur attachement à l’unité nationale.

Réagissant au discours prononcé par le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, mercredi dernier, dans lequel il avait évoqué le drapeau national, en attirant l’attention, comme il l’a signalé, sur «la tentative d’infiltrer les marches et porter d’autres emblèmes que notre emblème national par une infime minorité», les manifestants de la capitale ont tenu à dire qu’il n’y a pas de place pour le régionalisme : «Makanch djihawia» (Pas de régionalisme). D’ailleurs le plus gros des slogans scandés durant ce 18e vendredi a été réservé à cette question. «Makanch djihawia ya l bandia» ou «Kebaili, Arbi, khawa, khawa, makanch el fitna ya khawana», ont entre autres scandés les manifestants. D’autres venus de Bab El Oued et de La Casbah ont préféré afficher leur amazighité. «Casbah Bab El Oued Imazighen», criaient-ils en rejoignant la manifestation, avant qu’ils ne soient repris par d’autres. Un slogan de la lutte identitaire a également fait sa réapparition à cette occasion, à savoir «Anwa wigui d’Imazighen». Bien évidemment, le chef d’état-major de l’ANP n’a pas été épargné. «Kebaili Arbi, khawa khawa, Gaïd Salah maa el khawana», scandaient également les manifestants, apparemment très remontés contre lui surtout après sa dernière déclaration relative à la question des drapeaux.

En plus de ces slogans, beaucoup de marcheurs s’étaient exprimés via des pancartes. «Racisme dégage», lit-on sur l’une d’elles. Sur des banderoles, il était écrit : «Non à la fitna, un seul peuple», «L’unité est notre force, la bande est notre ennemi, le pacifisme est notre arme». Cette polémique autour du drapeau national n’a pas fait oublier aux manifestants leurs revendications principales relatives au «départ du système». Comme lors des précédents vendredis, ceux-là ont réitéré leur exigence du départ de tous les symboles de l’ancien régime. «Yetnahaw gaa», ont-ils répété à maintes reprises, avant de citer nommément les «3B», en l’occurrence le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, et le président de l’APN, Moad Bouchareb.

Le départ des partis du pouvoir a aussi été réclamé. Des marcheurs ont tenu, par ailleurs, à rappeler, sur des pancartes : «Le pouvoir au peuple» et «Activation des articles 7 et 8». Aujourd’hui, actualité oblige, les Algériens n’ont pas trop évoqué les dernières arrestations de responsables politiques et du secteur économique pour des affaires liées à la corruption et aux passe-droits. Ils ont mis l’accent, donc, sur la fraternité et l’union entre tous les Algériens et la nécessité du départ du système.