Nouvelle mise en garde de la revue El Djeich contre une période de transition

HuffPost, 9 juin 2019

Le commandement de l’armée rejette de nouveau toute période de transition. La revue El Djeich consacre pour la seconde fois de suite un éditorial ”à la crise complexe que traverse” l’Algérie, prônant, comme son Chef d’Etat-major Gaid Salah, et le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, le “dialogue”.

Dans un nouveau numéro, diffusé vendredi 07 juin 2019, au moment où les Algériens marchaient dans plusieurs villes du pays pour exiger le départ des symboles du système, la revue El Djeich a affirmé que la “période de transition ne pourrait que conduire vers une situation encore plus difficile à maîtriser”.

“En pareille crise complexe que traverse notre pays, l’intérêt de la nation, comme l’avait souligné le Haut commandement de l’ANP dès le début, est d’opter pour la voie du dialogue sérieux, fructueux et constructif et d’aller, dans les plus brefs délais, vers la recherche de solutions adéquates, à même d’éviter à notre pays de verser dans des futilités qui rendraient la situation encore plus complexe et couperaient définitivement la voie à la période de transition qui ne pourrait que conduire à une situation encore plus difficile à maîtriser”, lit-on sur l’éditorial

Tout comme Abdelkader Bensalah dans son nouveau discours, cette revue du ministère de la Défense a prôné la mise en place de “l’instance indépendante chargée de l’organisation et de la supervision des élections en tant qu’outil légal garantissant le déroulement d’élections présidentielles libres, intègres et crédible”.

Le commandement de l’armée estime que cette option ”éviterait à notre pays de se retrouver dans une impasse”, dans laquelle se trouve déjà le pays, après le rejet, une autre fois, par les manifestants du discours du Chef de l’Etat par intérim.

“La solution à la crise passe impérativement par l’option de la légitimité constitutionnelle qui permettra au peuple l’exercice de son droit à élire le président de la République dans les plus brefs délais, et avant cela convier à la table du dialogue des personnalités nationales et des élites sincères et fidèles à la patrie afin de trouver une issue favorable qui satisfasse l’ensemble, découle de la conviction de l’institution, de son souci de veiller à la continuité de l’Etat et de son attachement aux engagements qu’elle a exprimés, en de maintes occasions, d’accompagner le peuple algérien et les institutions de l’Etat et de faire échec à tous les scénarii aux néfastes desseins”, poursuit El Djeich.

Le MDN entend “neutraliser toute proposition destinée clairement à faire perdurer la crise”. “Aujourd’hui, et plus que jamais, les intentions malveillantes et les plans diaboliques, les dépassements outranciers et dangereux de certaines parties qui, suivant la logique des bandes, cherchent à abuser l’opinion publique, les tentatives désespérées de susciter le doute sur toute initiative nationale crédible à même de mener vers une véritable sortie de crise, à travers l’utilisation immorale des médias, qu’il s’agisse de journaux ou de supports audiovisuels, pour construire des scénarii farfelus et distiller des mensonges venimeux, des informations erronées ou falsifiées, n’ont d’autre but que de voir la situation perdurer, voire s’aggraver”, avertit encore cet organe.

Celui-ci réitère que “seul le dialogue est à même d’ouvrir la voie à une issue légale constitutionnelle garantissant l’organisation des élections présidentielles le plus rapidement possible, tant il est vrai que les discussions stériles et infructueuses ne sont que perte de temps et d’occasions pour l’ouverture d’un dialogue véritable et sincère, fait de concessions réciproques, qui rapprocherait les points de vue au service de l’intérêt suprême du pays et la satisfaction davantage de revendications exprimées par le peuple”.

“Cette aspiration participera au renforcement de la cohésion du peuple ainsi que la conjugaison des efforts de tous, garantissant au pays de poursuivre sa marche vers le développement dans un climat de sécurité et de stabilité”, a conclu la même source.

Lors du 16e vendredi de manifestation, les Algériens ont de nouveau rejeté des élections organisées par les symboles du pouvoir de l’ex-président, Abdelaziz Bouteflika, notamment les “2B”: Nourreddine Bedoui et Abdelkader Bensalah.