Tébessa: 13 blessés par balle et une usine en flammes

Moncef Wafi, Le Quotidien d’Oran, 30 avril 2019

Un mouvement de protestation des habitants de la commune de Hammamet, à 15 kilomètres de Tébessa, organisé dimanche dernier devant l’usine d’eau minérale Youkous, a dégénéré faisant 13 blessées après des coups de feu tirés.

Selon la version de la Sûreté de wilaya rapportée par l’APS, les manifestants ont revendiqué l’amélioration de leur approvisionnement en eau potable. Une vive tension est montée entre les contestataires, qui réclamaient le droit à l’eau de source Youkous avant leur mise en bouteille, et les propriétaires de l’usine, jusqu’à ce que l’un de ces derniers tire à balles réelles pour disperser les manifestants, explique la même source. A leur tour, ces derniers ont incendié des pneus et un camion de vente d’eau avant qu’un important incendie ne détruise l’usine ainsi que des camions chargés de bouteilles d’eau destinées à la vente dans différentes wilayas du pays. Les manifestants se sont rendus dimanche matin devant la mairie de Hammamet pour réclamer d’être alimentés en eau potable d’autant plus que la région est réputée pour ses eaux souterraines et autres sources d’eau naturelle. Sur place, ils ont dénoncé les nouvelles autorisations accordées par les autorités locales pour l’exploitation d’autres sources qui, selon eux, sont des ressources pour l’approvisionnement en eau potable de la population. Face à la non satisfaction de leurs revendications, les manifestants se sont alors dirigés vers l’usine pour exprimer leur refus et affirmer leur droit de bénéficier des sources d’eau de Youkous. Selon le site d’information électronique, Interlignes, «un camion chargé d’eau minérale appartenant à la société sortait de l’usine pour faire la livraison et les habitants présents devant le siège de l’APC l’ont intercepté et empêché de poursuivre son chemin. Bloqué, le chauffeur a alerté sa direction».

L’intervention des éléments de la gendarmerie nationale a permis de reprendre le contrôle la situation. Les blessés ont été évacués vers l’hôpital Dr. Boutarfa Youcef de Tébessa. Depuis le début du hirak, les mouvements sociaux se multiplient dans le pays et la contestation populaire a pris une autre dimension. Les Algériens n’ont plus peur de protester contre ce qu’ils considèrent comme des dépassements dont ils sont victimes et ils n’hésitent plus à dénoncer les responsables locaux, élus ou issus de l’administration, coupables de mauvaise gestion ou suspectés de corruption.