Abdelmoumene Ould Kaddour limogé Rachid Hachichi, nouveau P-dg de Sonatrach

A. Maktour, Le Soir d’Algérie, 25 avril 2019
 
Le ballet des limogeages et des nominations qui leur succèdent s’emballe à un rythme qui donne le tournis du fait, notamment, de la confusion qui bat son plein sur les prérogatives du chef de l’Etat par intérim en la matière. Dernier chapitre en date de la série : le limogeage de Abdelmoumene Ould Kaddour de la présidence de Sonatrach.
Rachid Hachichi a pris les rênes de Sonatrach, l’entreprise qu’il ne connaît que trop bien, celle qui porte le pays sur le plan économique, comme le rappelait son désormais prédécesseur, Abdelmoumene Ould Kaddour, lors de la cérémonie de passation de consignes, hier. Abdelmoumene Ould Kaddour a donc passé le relais à un «enfant de la boîte» après deux ans d’une présidence souvent émaillée de polémiques, de controverse et de propos aigres-doux comme lorsque, quelques semaines après avoir pris la place sur le siège hautement éjectable d’Amine Mazouzi, il y a exactement vingt-cinq mois, il ne s’était pas gêné pour établir un bilan sombre de la situation que traversait Sonatrach. Bureaucratie, organigramme inadapté, des filiales en nombre excessif, et absence de stratégie à long terme étaient quelques-unes des tares dont souffrait Sonatrach, selon Ould Kaddour, dont la nomination avait soulevé de grosses vagues, à tel point que plus d’un se demandait comment il a pu être nommé à la tête de l’entreprise dont dépend l’économie nationale.
Faisant peu cas de la pluie de désobligeants, pour le moins que l’on puisse dire, commentaires à son égard, Ould Kaddour s’attellera à mettre en œuvre son plan pour redresser Sonatrach avec ce moment fort que constituera, il y a exactement une année, la révélation en grande pompe du plan SH2030 destiné à donner à Sonatrach une seconde vie avec en prime une place dans le top 5 des compagnies pétrolières mondiales.
Des ambitions hautement affichées qui, malheureusement pour leur initiateur, allaient se heurter dès la départ à une amère réalité sur le plan de la production, conjuguée à la difficile conjoncture sur le marché pétrolier. Une pénible conjoncture qui coïncidera avec la remise sur la table du sensible dossier de l’exploitation des hydrocarbures de schiste, malgré le préjugé défavorable chez l’opinion publique sur la question. Un redéploiement qu’Ould Kaddour ne mènera finalement pas à terme puisque, depuis hier, il n’est plus le P-dg attitré de Sonatrach puisque le chef de l’Etat par intérim a mis fin à ses fonctions et procédé à la nomination de Rachid Hachichi pour prendre le relais. Rachid Hachichi qui, selon une source de l’intérieur du groupe, jouit d’une belle aura, lui qui connaît la compagnie parfaitement puisqu’il y est depuis la moitié des années 80 lorsqu’il l’a rejointe en qualité d’ingénieur diplômé de l’Institut algérien du pétrole (IAP). Surtout, la division production de Sonatrach n’a aucun secret pour cet homme qui, selon la même source, ne se gêne jamais de dire ce qu’il pense lorsque les grandes questions se posent. C’est peut-être ce qui lui a valu une petite traversée du désert lors du passage d’Amine Mazouzi à la tête de Sonatrach.
M. Azedine