Ouyahia et Loukal officiellement convoqués, les frères Kouninef arrêtés : la justice accélère

Makhlouf Mehenni, TSA, 22 Avril 2019

Les quatre frères Kouninef ont été arrêtés ce lundi 22 avril par la gendarmerie, annonce la télévision publique A3. La même source a également annoncé l’arrestation d’Issad Rebrab, mais le groupe Cevital a démenti dans une déclaration à TSA puis dans un tweet.

D’autres hommes d’affaires font l’objet d’enquêtes de la gendarmerie, rapporte la télévision ce lundi 22 avril.

Selon l’ENTV, les frères Kouninef, Réda, Abdelkader, Karim et Tarek sont soupçonnés d’avoir failli à leurs obligations contractuelles dans des marchés publics qu’ils auraient obtenus illégalement. La même source indique par ailleurs que des convocations de la justice ont été adressées à l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia et au ministre actuel des finances Mohamed Loukal.

Le 1er avril, soit la veille de la démission du président Bouteflika, 12 interdictions de sortie du territoire national (ISTN) ont été prononcées par la justice à l’encontre d’hommes d’affaires considérés comme faisant partie du cercle proche de l’ancien président, dont les frères Haddad, les frères Kouninef et Tahkout Mahieddine. Deux jours auparavant, le 30 mars, Ali Haddad avait été arrêté au poste frontalier d’Oum T’boul (El Tarf) alors qu’il tentait de se rendre de nuit en Tunisie. Il est incarcéré depuis à la prison d’El Harrach.

Le 20 avril, la justice a saisi le Conseil de la nation pour la levée de l’immunité parlementaire pour les deux sénateurs Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, soupçonnés de malversations lors de leurs passages respectifs au ministère de la Solidarité nationale.

Dimanche 21 avril, soit la veille de l’arrestation des Kouninef, un communiqué de la cour militaire de Bilda a annoncé la mise sous mandat de dépôt de l’ancien commandant de la 2e région militaire, le général-major Saïd Bey, et le lancement d’un mandat d’arrêt contre le général-major Habib Chentouf, ancien commandant de la 1ère région militaire.

Ils sont soupçonnés par la justice militaire de « dissipation et recel d’armes et de munitions de guerre et infraction aux consignes de l’armée ». Les deux officiers à la retraite font partie des cinq généraux-majors arrêtés le 14 octobre dernier pour corruption avant d’être remis en liberté provisoire le 5 novembre.

Le 16 avril, le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah, avait pressé publiquement la justice d’accélérer « la cadence du traitement des différents dossiers concernant certaines personnes ayant bénéficié indûment de crédits estimés à des milliers de milliards, causant préjudice au Trésor public et dilapidant l’argent du peuple ».