Le Club des magistrats refuse de superviser les élections présidentielles du 4 juillet

Hassane Saadoun, TSA, 13 Avril 2019

Le Club des magistrats algériens a annoncé, ce samedi 13 avril, son refus de superviser les élections présidentielles du 4 juillet prochain. L’annonce a été faite par Merzougui Saâd Eddine, juge d’instruction près la Cour de justice d’Oued Souf et porte-parole du syndicat, lors d’un rassemblement de protestation organisé conjointement avec l’Union nationale des ordres des avocats devant le ministère de la Justice, à Alger.

« Convaincus que le juge est le fils du peuple et son serviteur, qu’il juge en son nom et pour lui et en réponse aux revendications populaires, nous, membres du Club des magistrats algériens, avons décidé irrémédiablement de boycotter la supervision des élections présidentielles du 4 juillet 2019 », a annoncé le magistrat lors de sa prise de parole au milieu de magistrats et d’avocats rassemblés sur le perron du ministère de la Justice. « Nous refusons de faire un faux témoignage pour des élections dont les résultats sont connus d’avance », a-t-il ajouté.

Lors du rassemblement auquel ont pris part plusieurs magistrats et d’avocats, dont des noms connus de la défense, dont M. Mostefa Bouchachi, M. Salah Dabouz et M. Noureddine Bensissad, le porte-parole du Club des magistrats a rappelé l’engagement de son syndicat en faveur du mouvement populaire. « Nous avons été parmi les premiers et les seuls parmi les hauts fonctionnaires de l’Etat à refuser de superviser les élections du cinquième mandat et nous sommes les seuls qui avons demandé la démission du Président de la République », a-t-il dit.

Les magistrats et avocats ont surtout réclamé « l’indépendance réelle de la justice », « l’ouverture d’enquêtes sur la corruption » et l’arrêt des « sanctions » subies par des magistrats.

« Notre détermination à demander le changement ne faiblira pas et ne sera pas démentie, quelle que soit la situation car nous appelons à la justice », a assuré M. Merzougui, affirmant que les magistrats « ne renoncerons pas » à leur revendications pour une justice indépendante ».

Des « sanctions » sont subies par certains magistrats, selon M. Merzougui, pour qui elles ont pour objectif de les « obliger à renoncer à leurs revendications légitimes »

« Nous affirmons que ces pratiques périmées émanant de mentalités haineuses, ne diminueront pas notre détermination à réaliser l’indépendance réelle de la justice et nous considérons ces sanctions comme des distinctions honorifiques et un impôt qu’il faut payer à notre lutte pour réaliser le rêve des Algériens consistant en une justice efficace et impartiale », a-t-il affirmé.