Rôle de l’armée : Ali Benflis répond à Saïd Sadi

Fayçal Métaoui, TSA, 08 Avril 2019

Ali Benflis, président de Talai’e Al Hurriyet, appelle, dans une contribution, publiée ce lundi 8 avril par TSA, à sauver « l’État national ». Une manière pour lui de répondre aux critiques de Saïd Sadi sur le rôle de l’armée.

« Le champ politique est un désert. L’ordre constitutionnel est un champ de mines. Le système institutionnel est un champ de ruines. Comment sauver l’État national avec un héritage aussi lourd ? Pour l’heure, voilà la seule question qui vaille. Face à un enjeu d’une telle ampleur il n’y a pas de place pour les débats byzantins, pour les faux procès ou pour les coquetteries des puristes du chaos créateur. Il n’y a qu’un État national demandant à être secouru et tous les patriotes doivent se donner la main pour lui porter secours. Oui l’État national est en péril », écrit l’ancien chef du gouvernement. 

Pour Ali Benflis, dans « la désolation généralisée » semée par le régime, le peuple et l’armée forment « un rempart inexpugnable ». « Et c’est sur eux que repose essentiellement le devenir de l’État national et la révolution démocratique pacifique elle-même », assure-t-il.

« Le rôle et la place de l’armée dans la refondation démocratique qui s’annonce ne devraient être ni un objet de fixation pour les uns ni une obsession prégnante pour les autres. Le jugement y perdrait en justesse et la mesure des vrais enjeux de l’heure en serait faussée. La société Algérienne a changé. Le peuple algérien a changé. Et l’Armée Nationale Populaire, elle-même, n’a pas manqué le rendez-vous de la transformation et a profondément changé(…) Dans la sortie de crise qui se met en place, tout apport est le bienvenu et aucun bras n’est de trop. Quitte à subir les procès pour excès de rigorisme constitutionnel, l’Armée Nationale Populaire s’est solidement positionnée dans le camp de la légalité. Elle ne décide pas. Elle ne dicte pas. Elle n’impose pas. Elle suggère, elle contribue et cherche à aider », ajoute M. Benflis.

Éloigner l’armée de la politique, selon Sadi

Said Sadi, ancien président du RCD, a, dans une contribution publiée dimanche 7 avril sur sa page Facebook, posé des questions sur le rôle de l’armée en période de transition politique.

Selon lui, l’armée veut que la transition demandée par le peuple se limite « à organiser des élections à l’ombre de celui qui sera adoubé » par le parlement. « Des hommes qui seront comptables devant l’Histoire, se sont improvisés agents du service après-vente de cette tentative de détournement de la volonté du peuple et expliquent qu’il est urgent de valider ce stratagème. Argument invoqué : il faut rapidement donner au pays un chef de l’État élu pour éviter une vacance trop longue de la présidence qui serait préjudiciable à la nation. Ces individus, pressés de se voir hélitreuillés par l’armée à El Mouradia, expliquent dans le même souffle que l‘Algérie est restée sans président depuis 2013 au moins !! », a-t-il écrit-il dans une allusion à Ali Benflis.

L’armée doit être éloignée des enjeux politiques, a affirmé Said Sadi. « Le seul fait qu’elle soit impliquée dans le processus transitionnel est en soi problématique pour elle-même et pour l’avènement de l’État civil », a-t-il souligné.