Corruption: L’Algérie perd 20 places au classement de Transparency International

Corruption: L’Algérie perd 20 places au classement de Transparency International

par M. Mehdi, Le Quotidien d’Oran, 26 janvier 2017

L’Algérie a perdu 20 places, dans le clas sement 2016, dans le dernier Indice de perception de la corruption de l’ONG Transparency International (TI), publié, hier.

De la 88e place au classement de 2015, l’Algérie est passée au 108e rang (sur un total de 176 pays) avec l’Egypte, l’Ethiopie, la Côte d’Ivoire et la Guyane. En 2016, l’Algérie a réalisé un score de 34 points sur 100.

Pour l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) ces «résultats (sont) désastreux pour l’Algérie». «L’Algérie occupe les très peu reluisantes 19ème place en Afrique et 10ème dans la région du Maghreb et Moyen-Orient (MENA)», affirme la section algérienne de TI. Nos voisins maghrébins ont réalisé des scores de 41 points sur 100 pour la Tunisie (75e place), et de 37 points sur 100 pour le Maroc (90e place).

Pour illustrer le «score et le classement désastreux de l’Algérie en 2016», AACC rappelle les précédents classements. «L’Algérie avait obtenu, en 2015, la note de 3,6 sur 10 et la 88ème place ; en 2014 la note de 3,6 et la 100ème place; en 2013 la note de 3,6 sur 10 et la 94ème place ; en 2012 3,4 sur 10 et la 105ème place; en 2011 la note catastrophique de 2,9 sur 10, la même que celle de 2010, et la 112ème place, reculant de 7 places, par rapport au classement de 2010 », note le communiqué de Djilali Hadjadj, porte-parole de la section algérienne de Transparency International.

Cette «énorme marche-arrière», illustre selon AACC «non seulement l’absence de volonté politique à lutter contre la corruption, mais plus grave, ce score et ce classement sont le résultat de la politique de fuite, en avant du pouvoir en place», indique le communiqué.

AACC considère que pour le pouvoir c’est la «lutte contre la corruption» qui est l’ennemi à abattre, ayant fait de la corruption son «fonds de commerce» pour se maintenir «à n’importe quel prix». «Oui, pour le pouvoir en place l’ennemi c’est la lutte contre la corruption, sinon comment expliquer que les lanceurs d’alerte et les dénonciateurs de la corruption font, systématiquement, l’objet de toutes sortes de représailles et de mesures arbitraires et illégales, pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement abusif! Sinon, comment expliquer, aussi, que la loi du 20 février 2006 ,relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, soit aussi mauvaise et inappliquée ?».

Pour l’AACC «la multitude d’organisations et d’institutions gouvernementales, ayant en charge, officiellement, la prévention et la lutte contre la corruption» sont «frappées d’inertie, inefficaces et aux abonnés absents, obsolètes et périmées». Le communiqué cite : la «Cour des comptes, l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, l’Inspection générale des finances, l’Office central de répression de la corruption, la Cellule de traitement du renseignement financier, les Pôles judiciaires spécialisés dans la lutte contre la délinquance économique et financière, etc.». «Enfin, ces très mauvais score et classement de l’Algérie en 2016 sont, aussi, le reflet d’une justice non indépendante, injuste, incompétente et n’obéissant qu’aux ordres de l’Exécutif», conclut la même source.