Volonté populaire et incarnation sociale: Quelques questionnements sur le « Hirak » algérien

Khaled Satour*, 23 mars 2019

En ce lendemain de la cinquième journée de manifestations populaires en Algérie, la situation est loin de se décanter et de nombreux questionnements légitimes demeurent sans réponse. Ceux qui, sacralisant l’énergie et la maturité du peuple, ont déjà décidé que la « révolution » était promise sans coup férir à la victoire vont trop vite en besogne. En réalité, les difficultés sont à venir et on ne peut exclure que le mouvement de contestation pacifique débouche sur une épreuve de force.

DE QUOI BOUTEFLIKA EST-IL LE NOM ?

I – Le premier questionnement concerne les forces qui, au sein du pouvoir dans son acception la plus large, soutiennent le projet de Bouteflika de se maintenir au pouvoir. Et comme il est certain que l’actuel président n’est pas l’auteur des lettres qui s’obstinent à défier la volonté de la rue, l’énigme qui demeure irrésolue peut se formuler comme suit : de quoi Bouteflika est-t-il le nom ? On a pris l’habitude de sérier le clan Bouteflika dans sa fratrie, avec ce qu’elle s’est agrégé de clientèle au sein des appareils d’Etat, des partis de la majorité et du milieu des affaires. Que ce groupe bénéficie d’appuis au sein de l’armée et des services de renseignement, qu’il a restructurés à son profit, n’est en outre pas douteux. Mais tout le monde s’accorde pour dire que l’armée maintient son esprit de corps et sa primauté. Elle détient le pouvoir en dernière analyse depuis les premières heures de l’Etat algérien et des autorités civiles n’ont jamais gouverné le pays que par la délégation de prérogatives qu’elle leur a consentie.

Que vaut aujourd’hui cette lecture des rapports de pouvoir ? Force est de constater que ceux dont le nom est Bouteflika semblent s’être arrogé un privilège que l’armée s’est jusqu’à présent jalousement réservé : celui de faire un coup de force contre la constitution. Car, depuis le renversement de Ben Bella le 19 juin 1965 jusqu’à la démission forcée de Liamine Zeroual en 1998, en passant par la démission de Chadli et l’interruption du processus électoral en 1992, c’est toujours l’armée qui a, plus ou moins ouvertement, fait les coups d’Etat, « gelé » ou suspendu la constitution, et encore ne l’a-t-elle fait qu’en déguisant la brutalité de ses interventions sous des simulacres institutionnels destinés à ménager une légalité de façade. Précaution dont s’est dispensé Bouteflika.

Ajoutons que, comme pour donner au coup de force un caractère d’irréversibilité, ses auteurs tentent de le faire entériner au plan international. Le programme annoncé le 11 mars est actuellement plaidé auprès de puissances étrangères dont les intérêts stratégiques en Algérie s’étendent à la défense nationale et qui ont les motifs et les moyens de peser de leur poids sur les événements.

On se plaît à soutenir que le dernier mot n’est pas dit et que la sortie de la légalité constitutionnelle ne serait consommée que le 18 avril prochain. Mais, si on devait s’en tenir aux dispositions combinées de la constitution et de la loi organique régissant l’élection présidentielle, le coup de force est déjà constitué[i], et de toute façon, au-delà de tout formalisme juridique, la tentative est déjà assez sérieuse et persévérante pour semer le trouble dans les esprits.

Dès lors, faut-il considérer que nous assistons au premier coup d’Etat tenté sans l’armée (et donc forcément contre elle), à rebours d’une tradition cinquantenaire, ce qui signifierait qu’un coup de force opèrerait à l’intérieur d’un autre, celui-ci de portée historique ? Ou bien faut-il supposer, et c’est le plus vraisemblable jusqu’à plus ample informé, que cette tradition demeure insubmersible, ce qui induirait que l’armée est associée, par attentisme ou par calcul, au « nom de Bouteflika » ?

II – L’évolution de la démarche du mouvement populaire n’est pas indifférente à cette problématique. Celui-ci reste dans l’attente d’une réaction, venant de l’intérieur du pouvoir et qui mettrait un terme à l’entêtement grotesque et extravagant qui s’exprime au nom de Bouteflika. Il a tempéré pour cette raison ses slogans de rejet en visant la « bande », la « clique », « Bouteflika et Saïd ». S’il a demandé le départ du « système », terme générique qui serait plus approprié, au sens littéral, pour désigner la totalité des instances au pouvoir, c’est uniquement parce que les slogans contre le « régime » étaient rendus tabou par le précédent tragique des « printemps arabes ». Tout indique jusqu’à maintenant qu’il est tenu d’attendre qu’une main lui soit tendue par l’armée. Or, celle-ci veut-elle et peut-elle le faire ?

UNE SPONTANÉITÉ ENCADRÉE

III – Ce qui nous conduit aux questionnements que suscitent la nature et les objectifs de ce mouvement.

A- Est-il spontané ? Et d’abord, que faut-il entendre par l’idée même de spontanéité ? Qu’il soit légitime et qu’il soit intervenu fort à propos n’est pas contestable. La sincérité et l’authenticité de l’élan populaire qui a déversé dans la rue algérienne des millions de personnes ne sauraient être mises en doute.
Et de prime abord, je serais personnellement tenté de croire, malgré la défiance que m’a toujours inspirée le spontanéisme des masses, qu’il ne faut voir dans cette éruption qu’une réaction collective de sauvegarde opposée à des initiatives outrancières et grotesques du pouvoir, avilissantes pour la communauté nationale et son Etat. Dès lors, s’il fallait rechercher, derrière la contestation algérienne, une entreprise de déstabilisation du pays, on serait tenté de penser que son principal instigateur serait le régime lui-même (entendu au sens restreint du clan Bouteflika) dont la persévérance à maintenir un statu quo intolérable constitue une provocation.

Il n’en demeure pas moins que le mouvement a paru dès sa naissance particulièrement bien encadré et outillé de techniques qui sont trop professionnelles pour relever de l’improvisation. Il a tout de suite trouvé ses marques dans des consignes d’action pacifique et de civisme qui sont, il faut bien l’admettre, si éloignées du modus operandi de toutes les protestations qui l’ont précédé que les Algériens eux-mêmes ont du mal à s’y reconnaître et en conçoivent une fierté outrancière. Il est remarquable aussi que les services de sécurité n’ont pas paru pris au dépourvu et ont d’emblée décidé de ne pas réprimer, ce qui est bien sûr salutaire.

Le plus déroutant reste cependant toutes ces touches d’enchantement dont le « hirak » semble avoir découvert le secret et qui sont incontestablement le fait d’un parrainage médiatique d’une haute compétence qui a su produire et diffuser une iconographie digne de cette « révolution du sourire » (dénomination qui, en termes d’inventivité, n’a rien à envier à la « révolution du jasmin » tunisienne). Cet apparat suscite un malaise d’identification tant il s’apparente à un masque de chirurgie esthétique apposé sur la rue algérienne et la masse qui l’occupe sans discontinuer. 

B- Est-il politiquement à la hauteur de la tâche qu’il s’est donnée ?
C’est le questionnement le plus crucial.

1° – Il est indéniable que c’est à une action éminemment politique qu’il s’est attelé, sinon par la volonté consciente de la multitude d’acteurs qui y participent, du moins par les conséquences qu’elle entraîne.
La sociologie du 20e siècle a lié la consolidation du pouvoir sous la figure de l’Etat moderne à un processus de professionnalisation de la politique. L’un de ses précurseurs, Max Weber, affirmait qu’un exercice « occasionnel » de la politique n’avait survécu à cette mutation que de façon résiduelle[ii].

Mais le fait est qu’en ce début du 21e siècle, une classe insurrectionnelle universelle, fille des technologies qui ont révolutionné la communication de masse est apparue sur plusieurs théâtres de contestation et vient complexifier la nomenclature. Ses membres sont en effet, quoi qu’ils puissent trouver à y redire, à la fois des intermittents de la politique et des activistes redoutablement efficaces.

Elle utilise certes des moyens formellement pacifiques, à l’incitation des groupes Facebook et du prêt à porter méthodologique qu’ils diffusent.  Mais le même auteur répliquerait à cet argument que « toute politique utilise comme moyen spécifique la force, derrière laquelle se profile la violence ».
Dans le tête-à-tête qui résulterait d’une destitution de Bouteflika par l’armée, le mouvement citoyen serait mis à l’épreuve d’un bras de fer avec les appareils de la violence par excellence. Ces appareils savent faire preuve de doigté politique, ils l’ont suffisamment démontré par le passé. Mais, du fait des enjeux engagés, ils imposeront dans ce tête-à-tête le rapport de forces, dans sa nudité la plus totale.

Quels atouts politiques, autres que l’intransigeance de ses refus, cette entreprenante génération d’activistes pourra-t-elle y opposer ? Il apparaît en premier lieu que ses capacités de mobiliser entrent en contradiction avec sa séparation des lieux de décision où se projettent les finalités politiques, des positions de pouvoir à partir desquels elles se réalisent. Elle se réduirait bien vite à un figurant et ravalerait à ce rang la masse populaire dont elle draine l’impressionnante énergie. Elle est sans doute dotée d’une intelligence de la demande populaire suffisante pour orchestrer l’expression la plus immédiatement réactive des revendications. Mais, maintenue à la lisière des centres d’information et de décision, elle est condamnée à un statut instrumental qui se communique à l’activisme populaire qu’elle entraîne dans son sillage. Il s’ensuit que la rationalité des processus dont elle est le déclencheur lui échappe aussi complètement qu’à la « rue » qu’elle met en action autour de mots d’ordre simples et normés, et lui est tout aussi étrangère la conscience d’une responsabilité du fait du processus qu’elle déclenche.

La doctrine de la révolution non-violente à laquelle se rapporte sans contestation possible l’action coordonnée par les groupes Facebook accrédite cette infirmité politique. A titre d’exemple, l’ouvrage de référence, écrit par Gene Sharp, dont se sont largement inspiré les « révolutionnaires » arabes, et dont on observe l’influence sur l’action en cours de la rue algérienne[iii], affirme que « la discipline non-violente » est essentiellement une « défiance politique », expression qui résonne malencontreusement comme une méfiance à l’égard de ce que l’action politique a de positif et de ce qu’elle peut signifier d’engagement. Au titre de la non-coopération, de nombreuses formes de protestation dont 26 méthodes de boycott et 23 méthodes de grève[iv] sont proposées. Tout cela s’énonce dans une négation répétitive de l’agir (non-violence, non-coopération), une insistance sur l’abstention d’action (boycott, grève), qui suggèrent que toute imputabilité, toute incrimination sont exclues. Ces consignes ont pour fonction de nier toute responsabilité dans la violence et de rejeter une éventuelle contre-violence sur le camp adverse.
Mais on ne déjouera pas par un tel subterfuge les ruses de la violence. Georges Sorel estimait que « les hommes qui adressent au peuple des paroles révolutionnaires sont tenus de se soumettre à de sévères obligations de sincérité » et ne pas lui dissimuler, par exemple, que « la grève est un phénomène de guerre »[v].

LA TRANSITION : UN CONCEPT INSAISISSABLE ET CONNOTÉ

2°- Dans l’hypothèse où l’armée finirait par se désolidariser du « nom de Bouteflika », le mouvement populaire serait-il apte à mener, sur un pied d’égalité avec l’Etat profond qui lui aurait garanti ce premier acquis, une authentique négociation sur la fameuse transition réclamée de toutes parts ? On peut en douter du seul fait déjà de ce thème de la transition.

– Ce concept est à la fois insaisissable et terriblement connoté. Il est trop souvent réduit à ces termes strictement procéduraux dont se délectent tant de cercles néo-démocratiques (dont le dernier avatar en date est le mouvement Mouwatana). Quelles que soient ses variantes, le processus est toujours conçu en trois étapes : mise à l’écart du pouvoir actuel – mise en place d’institutions de transition – élaboration d’institutions démocratiques.

Antérieurement au « printemps arabe », ce processus relevait d’une représentation magique de la réforme politique. Faisant le constat de l’inertie des oppositions légales et de la faiblesse des contestations alternatives, on s’était mis à imaginer que, prenant miraculeusement acte du mécontentement populaire, les régimes autoritaires étaient susceptibles de s’effacer de leur propre chef afin que soit conduite loyalement une transition qui les exclurait pour de bon du pouvoir, c’est-à-dire de s’autodétruire dans un élan sacrificiel sans précédent connu, pour qu’enfin la « démocratie » advienne. Quant à la représentation qu’on s’est forgée de ladite démocratie, différentes combinaisons plus ou moins heureuses de notions élémentaires tirés des manuels d’institutions politiques et de la vulgate libérale dominante (Etat de droit, libertés publiques, pluralisme, élections, séparation des pouvoirs, etc.) suffisent à la caractériser.

Mais la dernière décennie a fait l’apport de cet outil inespéré d’enclenchement du processus qui faisait défaut et qu’on a soudain vu à l’œuvre dans plusieurs pays arabes : des groupes insurrectionnels servis par les technologies de communication de masse, capables de créer une agitation multiforme intenable pour les régimes en place. Les partisans de la transition démocratique magique ont cru tenir dans ces groupes le deus ex machina qui réintégrerait leurs rêves dans l’ordre de la réalité.

Le phénomène a déjà parfait sa légende. On entend dire que c’est le peuple en corps qui se soulève, s’affranchissant de toutes les médiations et expulsant en particulier une opposition politique discréditée. On avait surtout tenu ces propos pendant les « printemps arabes ». Le fait que le peuple ne fasse entendre aucun discours excédant l’horizon du refus était porté à son crédit. Il se suffisait de son unité, garante de sa force. En Egypte surtout, la célérité avec laquelle la mobilisation avait provoqué, grâce aux réseaux sociaux, la chute de Moubarek augurait, à en croire certains, d’une ère d’invincibilité de la volonté populaire.

– En vérité, en Algérie, le mouvement populaire ne pourra faire pièce à un système qui, avec ou sans Bouteflika, ne voudra pas mourir. A moins qu’il ne fasse évoluer sa configuration actuelle qui le maintient à un stade infra-politique.

Les détenteurs du pouvoir ont toujours réglé leurs problèmes en vase clos en niant au peuple toute possibilité d’en connaître.  Le régime de Bouteflika a poussé jusqu’aux extrêmes limites de la rupture l’autonomie, la liberté de manœuvre et en définitive l’impunité que le système a pu conquérir au détriment de la société.

Il a mené à son terme un processus de substitution d’intérêts privés (qui ne peuvent s’énoncer qu’au pluriel), à l’intérêt public (qui ne se singularise quant à lui qu’en hiérarchisant et en synthétisant des intérêts sociaux pluriels). En d’autres termes, un pluralisme d’intérêts privés, concurrents et antagonistes, a remplacé, au cœur des instances de l’Etat, l’alchimie complexe et fragile de l’intérêt public dont l’éviction dessaisit la société de toute influence.

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que les intérêts privés antagonistes, qui ont anéanti toute conscience de l’intérêt public chez les dirigeants, ne se sont constitués qu’au prix d’une confiscation des richesses de la collectivité au profit de groupes compradores et que, à ce titre, leurs enjeux ne laissent pas indifférents un certain nombre de puissances et de milieux d’affaires étrangers. Mieux encore, ils sont étroitement imbriqués dans un jeu d’influences géostratégiques qu’il n’est pas possible d’exclure de toute réflexion responsable sur la transition.

CONSCIENCE SOCIALE VERSUS « UNITÉ DU PEUPLE »

3- Or, et cela nous ramène au présent le plus brûlant, cette dimension du problème requiert qu’une conscience politique, à forte prégnance sociale, éclaire la mobilisation populaire. Il serait préjudiciable que le mouvement de contestation actuel ne soit que l’occasion de retourner contre le pouvoir la prétendue « unité du peuple » que celui-ci a façonné dans ses laboratoires idéologiques et dont il a bercé les Algériens pour mieux les neutraliser. Elle serait en effet dans ce nouvel emploi aussi mystificatrice que dans le premier. Il suffit d’ailleurs d’ouvrir les yeux et les oreilles pour s’apercevoir que l’idéologie n’a pas désarmé : malgré l’ampleur des manifestations et la détermination avec laquelle le système est rejeté, tous ses caciques rendent hommage au peuple : le chef d’état-major de l’armée, Bouteflika dans les lettres qu’on lui attribue et même les exécutants qu’on vient de désigner pour contrecarrer la volonté du « hirak » (le premier ministre Bedoui, son « adjoint » Lamamra, ainsi que l’insaisissable Lakhdar Brahimi). Les deux partis de la majorité, FLN et RND, encensent le peuple, de même que cet éternel pilier du système que fut l’organisation des moudjahidine.

Et le peuple lui-même semble comme rivé à cette « unité » à laquelle on l’a assigné. On entend de partout le refus de se « structurer », de désigner même des porte-parole. On craint, en bougeant seulement une oreille, de dissiper le charme de la mobilisation.

On préfère s’agripper aux mots d’ordre idylliques, aux stéréotypes intemporels et désincarnés dont nous abreuvent depuis plusieurs semaines les groupes Facebook qui animent les manifestations.

Seulement voilà, la conscience sociale est trop grande pour entrer dans le format de ces mots d’ordre. Au contraire de la conscience populaire de masse, elle doit s’incarner pour fournir son levain à la protestation.
Et l’incarnation organique, pour éviter le parachutage de personnalités anonymement cooptées, doit aller de pair avec l’élargissement des thèmes de revendication. Une unanimité de façade réalisée sur une transition conçue dans des termes strictement limités à l’idée classique de l’Etat de droit, qu’il faut bien sûr revendiquer avec force pour abattre l’arbitraire qui a causé des violations de droit d’une particulière gravité, se ferait au détriment de la meilleure part du patrimoine hérité du mouvement national. A cet égard, à un moment où les revirements opportunistes se multiplient, il ne suffit pas qu’on exhibe des personnalités historiques dans les défilés pour attester d’une continuité des combats. Encore faut-il redonner vie aux principes de souveraineté sur les ressources nationales, à la préservation et au renforcement du secteur public et à la revendication des droits sociaux, le tout étant indissociable, au plan international, d’un refus de l’hégémonie impériale et de la réaffirmation de la solidarité avec les peuples sous domination étrangère (notamment palestinien et sahraoui).

Ce sont autant de thématiques qui peuvent en outre immuniser dans une certaine mesure contre la cacophonie des revendications identitaires, tout en conférant au mouvement un caractère de pluralité démocratique et en soumettant son authenticité et son indépendance à une épreuve de vérité décisive.

Tant que la contestation ne se donnera pas une représentation sur le terrain, issue dans la clarté des cadres existants ou en formation au sein de la société, elle demeurera une proie facile pour la machinerie politique du pouvoir, en s’exposant à toutes les fuites en avant qui pourraient lui être préconisées à travers des réseaux virtuels déterritorialisés.
On attendant, il faut suspendre tout jugement définitif par trop élogieux sur l’avenir du mouvement et sa réalité profonde.

Notes
[i] L’article 25 de la loi organique dispose que « le corps électoral est convoqué par décret présidentiel dans les trois mois qui précèdent la date des élections ». Les élections présidentielles prévues le 18 avril ayant été annulées, d’autres ne peuvent plus se tenir dans les délais prescrits.
[ii] « Lorsque nous mettons notre bulletin de vote dans l’urne ou lorsque nous exprimons pareillement notre volonté, par exemple en manifestant notre désapprobation ou notre accord au cours d’une réunion politique » (In Le savant et le politique, Editions Plon, Bibliothèques 10/18, Paris, 2012, p.135).
[iii] Rituel répétitif des vendredis, appels à fraterniser avec la police, consignes de nettoyages des voies publics, etc. Le tout illustré par une iconographie surréaliste, largement diffusée, de femmes offrant des fleurs aux forces de l’ordre, de cordons de manifestants protégeant la police, d’un policier pleurant d’émotion et surtout de femmes et d’enfants particulièrement photogéniques mêlés aux cortèges.
[iv] De la dictature à la démocratie, un cadre conceptuel pour la liberté, L’Harmattan, 2009. Edition électronique en format PDF, Université de Grenoble, Pierre Mendès-France. (Citations des pages 56 et 57).
[v] Réflexions sur la violence, Marcel Rivière et Cie, 1919, p. 433. (In La violence, textes choisis, Corpus, Flammarion, Paris, 2000, p. 105).

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