Période de transition : Lamamra réserve ses premières explications à une radio française

Sonia Lyes, TSA,  11 Mars 2019

Alors que les Algériens s’interrogent ce soir sur le sens à donner au contenu de la lettre de Bouteflika, le gouvernement réserve ses premières explications à la presse étrangère.

Pour sa première sortie médiatique, le nouveau vice-Premier ministre algérien Ramtane Lamamra a choisi de s’exprimer sur une radio française, RFI. Dans un entretien « exclusif » diffusé ce soir, le numéro deux du gouvernement promet des élections présidentielles « absolument libres ». Il a également expliqué la démarche du pouvoir durant la période de transition politique.

« Le président a annoncé un certain nombre d’orientations de nature stratégique. D’abord, c’est la conférence nationale inclusive et indépendante qui adoptera la Constitution. Elle fixera également souverainement la date de l’élection présidentielle. Et cette élection sera entièrement et exclusivement sous la responsabilité d’une commission électorale nationale et indépendante », a-t-il détaillé.

M.Lamamra nous apprend que la nouvelle commission porte déjà un nom : la CENI. « Le ministère de l’intérieur et les démembrements de l’État seront à la disposition de la CENI, de la commission électorale nationale indépendante », a-t-il détaillé. « Toutes les conditions seront donc réunies : le Conseil constitutionnel continuera à assumer ses responsabilités (…) Donc, ce sera l’affaire de tout le monde. Ce ne sera pas du tout l’affaire du gouvernement », a-t-il encore affirmé.

Ramtane Lamamra a annoncé « la création d’un gouvernement de compétences bénéficiant de la confiance des participants à la conférence nationale. Ce gouvernement de compétences sera créé pour mettre dans le processus d’organisation de l’élection présidentielle la nécessaire dose d’impartialité et de technicité en soutien à la commission » indépendante.

Pour le nouveau vice-premier ministre, c’est « le tournant le plus important depuis l’indépendance en 1962 ». « Je le crois profondément. Il appartient maintenant aux femmes, aux hommes et surtout aux jeunes de ce pays de se hisser au diapason de cette responsabilité historique, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Je crois qu’ensemble nous bâtirons cet avenir », a-t-il conclu.