Vu de l’étranger: « Les manifestations en Algérie ravivent le souvenir des derniers jours de Hosni Moubarak »

Yacine Babouche, TSA, 9 Mars 2019

De grands médias internationaux ont commenté les manifestations qui se sont déroulées, vendredi 8 mars, à travers l’Algérie.

« Les manifestations en Algérie ravivent le souvenir des derniers jours de Hosni Moubarak », titre un article d’opinion publié sur le journal britannique Financial Times. « [Moubarak] a tenté d’apaiser les manifestants en promettant de former un nouveau gouvernement, finir son mandat et travailler sur une transition. C’était trop peu, trop tard : M. Moubarak a été forcé à une humiliante démission qui a mis fin à son règne de 30 ans », rappelle l’influant journal.

Un autre article d’opinion du Financial Times spécule sur le rôle que pourrait jouer l’armée pour « désamorcer les manifestations anti-Bouteflika » : « L’armée algérienne subit une pression croissante pour désamorcer la crise qui secoue le pays alors que des milliers de citoyens se préparent pour ce qui sera probablement le plus grand jour de manifestations ce vendredi », écrit le journal.

« Hugh Roberts, spécialiste de l’Algérie et professeur à l’université Tufts aux États-Unis, a déclaré que l’armée hésiterait à organiser un coup d’État ou à prendre le pouvoir directement. Toute mesure serait prise en consultation avec les autres institutions de l’État, a-t-il ajouté, et qu’il était improbable qu’elle soit présentée comme une intervention déclarée de l’armée », ajoute le Financial Times.

Le Washington Post s’intéresse de son côté dans une analyse sur le rôle joué par les femmes durant ces manifestations. « Les femmes sont profondément impliquées dans les manifestations en Algérie – à l’occasion de la Journée internationale de la femme et tout le temps », titre le journal américain.

« Les femmes sont au centre de ce mouvement et se joignent aux hommes pour remplir les rues jour après jour », affirme le Post. « Des centaines de milliers de femmes ont revendiqué l’espace public et, en réalité, leur citoyenneté, en participant aux manifestations dans une société où certains lieux et activités étaient historiquement la réserve exclusive des hommes. Les femmes ont participé à des manifestations passées, mais jamais à cette échelle », explique le journal, qui cite des exemples de femmes aux avant-postes du mouvement tels que Zoubida Assoul, Amira Bouraoui, ou encore Louisa Hanoune.

« Les manifestations en cours en Algérie reflètent un nouveau moment post-islamiste, la religion n’ayant jamais été politisée politiquement dans ces manifestations. Cependant, pour les militantes des droits des femmes en Algérie, cette orientation laïque n’est pas nouvelle », affirme par ailleurs le Washington Post.