Présidentielle : l’option du report de nouveau sur la table

Samir Allam, TSA, 9 Mars 2019

Le mouvement populaire contre le cinquième mandat entame ce samedi sa troisième semaine. Hier, vendredi, des millions d’Algériens ont manifesté pacifiquement à travers tout. Désormais, les regards se tournent vers le sommet de l’État. Les tenants du pouvoir le savent : la population est déterminée et les manifestations de rue ne vont pas cesser.

Selon nos informations, une réunion du cercle rapproché du président Bouteflika aura lieu ce samedi ou demain dimanche pour évaluer la situation au lendemain de la nouvelle forte mobilisation des Algériens. Les propositions contenues dans la dernière lettre de Bouteflika concernant une élection présidentielle anticipée qui serait organisée après une conférence nationale ont été rejetées par la rue. Le pouvoir se penche sur une nouvelle offre. Et selon nos sources, le pouvoir devrait proposer un report de l’élection présidentielle sur une période de 10 à 12 mois. Il espère ainsi répondre favorablement à la principale revendication des manifestants : le renoncement de Bouteflika au cinquième mandat. Il accompagnerait cette proposition d’une série de garanties destinées à montrer sa bonne foi : mise en œuvre anticipée des derniers engagements du président dont la conférence nationale et la révision de la Constitution, constitution d’un gouvernement technocratique d’union nationale…

Le report de l’élection figure parmi les revendications d’une grande partie de l’opposition. Le principe devrait donc être accepté par au moins au partie des formations et des personnalités, espère le pouvoir. Mais les négociations risquent de s’avérer compliquées concernant les modalités de gestion de cette période de transition. Le pouvoir n’a pas encore fait connaître ses intentions exactes, mais il est peu probable qu’il accepte d’être exclu du processus, ce que réclame une partie de l’opposition.

Mais quelle que soit l’accord qui sera conclu entre le pouvoir et l’opposition, une grande inconnue demeure : la réaction de la rue. Sur ce dernier point, ni le pouvoir ni l’opposition n’ont la réponse.