Silence assourdissant des partis de l’alliance

Mohamed Kebci, Le Soir d’Algérie, 6 mars 2019

Au moment où la contestation populaire anti-5e mandat du président de la République s’amplifie de jour en jour, le camp de l’allégeance observe paradoxalement un silence qui en dit long sur un malaise difficilement contenu.
M. Kebci – Alger (Le Soir) – Montrés pourtant du doigt par les milliers de manifestants qui, depuis le 22 février dernier, battent le pavé quasi-quotidiennement pour dénoncer le 5e mandat et réclamer le départ du système en place, les partisans de la continuité font profil bas. On a presque l’impression qu’ils se cachent pour ne pas subir davantage la foudre citoyenne. Exception faite du meeting organisé par le président du MPA, mercredi dernier, à Chlef, par ailleurs, fortement perturbé, une sortie qui n’aurait jamais pu intervenir sans l’insistance auprès de Amara Benyounès de l’ex-directeur de campagne du Président-candidat, comme le prouve amplement la discussion entre Abdelmalek Sellal et Ali Haddad, qui a fuité sur les réseaux sociaux, aucune autre activité publique de masse n’a été programmée depuis.
C’est à croire que les partisans de la continuité éprouvent de la gêne à se manifester pour défendre ce que réprouvent des millions de leurs concitoyens.
A peine si quelques-uns de ces partis délèguent des représentants pour les besoins de débats sur des plateaux de télévision. A ce sujet, un cadre dirigeant d’un de ces partis de l’allégeance nous avouait, avant-hier, avoir refusé l’injonction de son président pour le représenter dans un débat cathodique, lui qui soutient désapprouver, dans la forme et dans le fond, la démarche de ce parti.
Une insubordination loin de constituer un cas isolé puisque des scissions et des dissidences publiques ont commencé à apparaître. Notamment au sein des organisations satellites du sérail, l’UGTA et le FCE, avec des démissions et des désaveux de leurs patrons et de leurs démarches soutenant la continuité.
Et dire que la «discipline» dicte à ces «militants» de la continuité d’occuper le terrain pour défendre l’option du 5e mandat alors que le dossier de candidature du Président a été officiellement déposé auprès du Conseil constitutionnel.
Une attitude «passive» qui concerne surtout les Amar Ghoul, Moad Bouchareb, Ahmed Ouyahia et Amara Benyounès. Ce dernier n’a, jusqu’ici, même pas «commenté» la lettre de candidature du Président sortant a contrario de ses pairs de l’Alliance présidentielle.
L’on ignore si cette attitude obéit à une quelconque ligne adoptée en haut lieu ou si elle résulte d’une panique face à ce que d’aucuns qualifient de processus «prérévolutionnaire» et de «mouvement historique inédit», eux qui n’ont rien vu venir malgré les avertissements de plus d’un homme politique.
M. K.