Le président du MSP renonce à sa candidature

Makri : “Les jeux sont faits”

Liberté, 4 mars 2019
 
Pas de candidat islamiste pour l’élection présidentielle du 18 avril 2019. Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, un des premiers à avoir  pourtant annoncé son intention de concourir pour le prochain scrutin, a décidé de jeter l’éponge. “Je ne suis pas candidat. Les jeux sont faits”, a indiqué M.Makri, dans une déclaration au téléphone. Il compte tenir aujourd’hui une conférence de presse pour donner davantage d’explications. À vrai dire, cette décision de retrait de la candidature de Makri n’est pas du tout une surprise puisque la veille le conseil consultatif du parti avait fait part de la non-participation de la formation créée par Mahfoud Nahnah aux joutes d’avril prochain dans le cas où “la candidature du président Bouteflika pour un 5e mandat se confirmerait”, tout en appelant le pouvoir politique à “répondre aux revendications du peuple et en premier le retrait de l’option du 5e mandat” qui, selon lui, “entraînera le pays dans l’inconnu”. Un appel ignoré superbement par le président Bouteflika qui, semble-t-il, est plus que jamais décidé à aller au bout de sa logique. Bien évidemment, l’instance suprême du parti islamiste a salué les manifestations populaires de ces derniers jours qui, a-t-elle précisé, expriment le rejet du “5e mandat et les tentatives de l’imposer par le fait accompli”. À coup sûr, ce n’est pas de gaieté de cœur qu’Abderrezak Makri a décidé de se plier à la décision du conseil consultatif de son parti, lui qui n’a jamais fait mystère de son ambition de s’offrir un destin national.
L’été dernier déjà, au lendemain de son initiative dite de consensus national, il a mis en avant l’hypothèse de voir son parti aller seul à l’élection présidentielle et de présenter son propre candidat. L’ambitieux et très entreprenant homme politique doit donc prendre son mal en patience.