Benbitour: L’Etat est gérée par la logique du leadership

L’ancien Chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, à El Khabar

L’Etat est gérée par la logique du leadership

El Khabar, 18 février 2007

L’ancien Chef du Gouvernement, Ahmed Benbitour, a reproché à l’appareil exécutif actuel la manière de traiter la réalité du quotidien par une logique de courtoisie et non par la vérité. Il a critiqué l’absence d’institutions de l’Etat solides qui exercent un rôle de surveillance « car l’Etat ne se développe pas par la qualité des individus mais par l’existence d’entreprises, avec une logique de « leader » prédominante, selon Benbitour dans une interview accordée à El Khabar. Il a laissé la porte entrouverte quand à une éventuelle candidature pour les présidentielles de 2009, écartant la possibilité que l’initiative de « la corruption l’affaire de tous » représente un tremplin pour atteindre une position politique ou rester sur la scène politique.
En ce qui concerne l’initiative, il a indiqué qu’il avait au paravent souligné qu’elle ne serait pas utilisée à des fins politiques et qu’elle ne vise pas à atteindre le pouvoir. Il ajoute « il y a des problèmes aux quels nous voulons trouver des solutions et cela nécessite la mobilisation de la société civile, la présence de cette dernière est nécessaire car elle sait que les chiffres concernant le taux du chômage sont incorrects, ainsi l’initiative met en garde contre ce qui est faux ». Il estime que si l’Etat considère que l’initiative a des avantages et qu’il essaye d’en bénéficier c’est bien, s’il refuse nous allons arriver à une misère noire.
Il a déclaré que dans le classement présenté il y a une petite corruption au niveau des administrations, une au niveau des transactions et des crédits bancaires alors que la troisième corruption se situe au niveau de l’Etat, comme concept monopolisé par des individus et cela empire dans les conditions transitoires, l’affaire Khalifa par exemple est le résultat de ces agissements, c’est-à-dire le monopole du concept de l’Etat par des individus. En face d’entreprises fragiles, nous nous trouvons aujourd’hui ni dans un système unilatéral ni dans une démocratique, ni économie de marché ni économie dirigée, les conditions actuelles et la situation des ressources halieutiques sont adéquates pour l’aggravation de la corruption et de la mauvaise gestion.
Concernant l’affaire Khalifa il a indiqué que par respect à la justice il ne veut pas aborder cela, cependant la remarque générale c’est qu’il y a un déséquilibre dans la gestion des entreprises, lorsqu’il y a une justice pour punir ces fautes, cela ne suffit pas, car les entreprises sont désormais entre les mains d’individus, il faut accélérer le renforcement d’un appareil qui organise les relations entre les institutions de l’Etat et renforcer l’appareil bancaire en clarifiant la situation entre elles et la banque centrale puis avec l’appareil de la Justice dans sa relation avec l’économie.
Il a par ailleurs indiqué au sujet de la révision de la Constitution que pour changer la constitution d’un Etat, la crédibilité débute du principe de l’application de la constitution en vigueur et son respect exact, la constitution actuelle c’est-à-dire de 1996 n’est pas appliquée, c’est pourquoi la crédibilité de la révision est inexistante. La constitution de 96 est intervenue dans une période transitoire et a ouvert la voie à une exploitation plus flexible, entre un système présidentiel ou parlementaire, et ce selon la volonté du Chef de l’Etat.

2007-02-18
Par Atef Kedadra