Ouyahia rend publique sa déclaration de politique générale

Un bilan pour la campagne du 5e mandat

Liberté, 19 février 2019

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a rendu publique, hier, sa déclaration de politique générale, document qu’il devra présenter devant l’Assemblée nationale lundi prochain.

Censée être le bilan de son plan d’action de l’exercice 2017-2018, Ahmed Ouyahia a transformé sa déclaration de politique générale en  un véritable plaidoyer en faveur des quatre   précédents mandats du chef de l’État. En annexe du document, on trouve, en effet, une énumération exhaustive des réalisations économiques et sociales, au titre de la période s’étendant de 1999 à 2018.
Le texte fait état de la construction de 653 281 logements, de 289 cantines scolaires et de 288 écoles entre 2017 et 2018. 88 600 places pédagogiques et 52 912 places d’hébergement ont été assurées, durant cette même période.
Selon toujours cette source, la généralisation  des documents d’identité biométrique a atteint les 13 millions de passeports et 11 millions de cartes d’identité. Le secteur de la santé a pu  bâtir 27 hôpitaux, 79 polycliniques, 5 centres anti-cancer et 65 salles de soins. 1,4 million de   foyers ont été raccordés au gaz de ville et 1,2 million aux réseaux d’électricité. En ce qui concerne le développement local, la dotation budgétaire des programmes communaux a été relevée de 60 à 100 milliards de dinars pour chacun des exercices 2018 et 2019. Ce budget s’ajoute à celui alloué par la Caisse de solidarité des collectivités locales qui, entre 2017 et 2018, a dégagé 136 milliards de dinars pour le financement des projets locaux. Le document évoque aussi une amélioration   de recouvrements fiscaux d’environ 15% et    de près de 3 000 milliards de dinars en guise de prêts dégagés par le Fonds national d’investissement en faveur de plus de 200 projets dans les secteurs de l’énergie, des travaux publics, des ressources en eau, des transports, du tourisme et de la communication. Des prêts de plus de 400 milliards de dinars ont été, en outre, accordés aux banques pour rétrocession aux entreprises économiques publiques. Le nouveau cadre de recouvrement des amendes et des frais de justice a permis la récupération de plus de 7 milliards de dinars. Au plan financier, on est loin des performances  mises en avant dans d’autres secteurs. Le bilan d’Ouyahia reconnaît une nette augmentation   de la dette publique. C’est ainsi que la dette  extérieure a atteint 1,797 milliard de dollars en juin 2018 si on compte le prêt de 1 milliard de  dollars contracté en 2016 auprès de la Banque africaine de développement. Soit 1,06% du PIB. Quant à la dette publique interne, elle est désormais de 36% du PIB, sous l’effet des emprunts contractés par le Trésor public auprès  de la Banque d’Algérie. Au plan économique, le document indique que  “les importants programmes publics d’investissement, le nombre appréciable des investissements locaux et étrangers engagés dans le pays, ainsi que les retombées de l’important soutien de l’État à l’agriculture ont assuré une croissance hors hydrocarbures de l’ordre de 3,4% en 2018 contre 2,4% en 2017”. En revanche, le secteur des hydrocarbures, concède le gouvernement, a souffert de la baisse de la production, conséquence de la réduction du quota national et des opérations de remise à niveau des installations pétrolières. Au titre de bilan des quatre mandats de Bouteflika, le Premier ministre vante en premier lieu, les réalisations dans le secteur de l’habitat. Ce sont près de 4,07 millions de logements qui ont  été déjà réalisés et 962 193 unités sont en cours de construction, toutes formules confondues, certifie-t-il. Dans le secteur de l’éducation,  le document fait état de l’ouverture de 13 278 lycées, 2 261 collèges, 4 782 écoles, 4 407 cantines scolaires et 386 internats, avec un taux de scolarisation qui est passé de 92,5% en juin 1999 à 98,6% en 2018. Dans l’enseignement supérieur 952 000 places pédagogiques et 495 000 places d’hébergement ont été créées. Le réseau routier s’est rallongé, affirme le document, de 1 132 km d’autoroutes et de 6 009 km de routes nationales. Le réseau ferroviaire a pu s’étendre de 336 km de nouvelles lignes, le transport maritime a été renforcé de 20 ports et le transport aérien de 10 nouveaux aéroports. Le bilan des précédents mandats de l’actuel président de la République aborde même le taux de raccordement au réseau d’assainissement qui est passé de 72% en 1999 à 91% en 2018. Le taux de raccordement au réseau d’eau potable est, quant à lui, désormais de l’ordre de 98%.

Nissa Hammadi