Des artistes et des personnalités politiques appellent au rejet du 5e mandat

Ils multiplient les interventions sur les réseaux sociaux

Madjid Makedhi, El Watan, 18 février 2019

Je suis contre le 5e mandat» et «il faut s’insurger partout dans le pays» contre ce choix… L’opposition contre la nouvelle mandature du président Bouteflika va crescendo.

Sur le terrain et dans l’espace virtuel, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent contre le forcing des tenants du pouvoir qui s’apprêtent à valider un autre bail pour un Président malade et absent depuis plusieurs mois, voire durant tout le mandat qui tire à sa fin. En effet, le cercle des opposants à la candidature du chef de l’Etat ne cesse de s’élargir.

Outre les partis de l’opposition qui ont exprimé leurs positions sur la question depuis plusieurs mois déjà, des intellectuels, des artistes et des personnalités ont joint aussi leurs voix à celles de ces milliers d’Algériens qui refusent ce énième affront.

Sur les réseaux sociaux, ils s’appellent à rejeter la démarche des tenants du pouvoir. C’est le cas de Djamel Zenati, ancien député du FFS et homme politique connu pour ses analyses mesurées de la situation politique du pays.

Exaspéré par ce qui se passe actuellement, l’ex-directeur de campagne de Hocine Aït Ahmed en 1999 vient d’appeler, sur sa page Facebook, à s’élever contre la reconduction du président Bouteflika. «Il faut s’insurger contre le 5e mandat partout dans le pays», écrit-il. Des artistes et des acteurs connus ont aussi exprimé leur rejet d’un mandat supplémentaire pour le chef de l’Etat, à l’image de Samira Sahraoui.

L’actrice qui a joué dans plusieurs séries populaires diffusées par l’ENTV a crié son ras-le-bol en postant, il y a quelques semaines, un «non au 5e mandat» sur sa page Facebook.

Elle s’est montrée en colère contre les partisans du maintien de l’actuel chef de l’Etat. «On est fatigué, laissez un sens à l’indépendance de l’Algérie, vous la videz de son sens. Ayez honte !» lance-t-elle. D’autres acteurs, moins célèbres, ont aussi reproduit le même geste, signe d’opposition à la volonté des soutiens du président Bouteflika d’anéantir tout espoir d’alternance au pouvoir dans le pays.

Le net fait peur

Considéré comme un espace d’expression accessible à de larges couches de la société, le Net et les réseaux sociaux sont largement exploités dans la mobilisation contre la candidature du Président sortant. Les Algériens suivent, en direct, les actions menées à travers le pays, comme ils peuvent lancer des appels à manifestation qui touchent un plus grand nombre d’utilisateurs. Et cela fait déjà peur aux promoteurs du 5e mandat.

Ces derniers sont, en effet, paniqués à moins d’une semaine de la manifestation du 22 février prochain. Initiée par des anonymes, cette action commence visiblement à capter l’intérêt des internautes. Et cela met les partisans du Bouteflika mal à l’aise. Ils commencent déjà à agir pour faire avorter le rendez-vous.

Selon certaines sources, des journaux financés par l’argent de l’ANEP sont officiellement instruits par des responsables de certains ministères pour mener des campagnes de dénigrement contre cette manifestation.