ANSEJ-CNAC : Pas de poursuites judiciaires pour les jeunes investisseurs en situation d’échec

APS, 15 février 2019

Les jeunes investisseurs ayant monté des micro-entreprises dans le cadre des dispositifs publics d’aide à la création d’emploi (Ansej et CNAC) et qui se sont retrouvés en situation d’échec «ne seront pas poursuivis en justice», a rassuré, hier à Tizi Ouzou, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali.

Le ministre a rassuré les investisseurs qui ont créé leur entreprise et se sont retrouvés en situation d’échec. «Aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre eux. Le fonds de garantie a été spécialement créé pour ce genre de situation afin de prendre en charge le remboursement du crédit contracté auprès de la banque», a expliqué le ministre. «Cette mesure ne concerne pas ceux qui ont fait appel aux dispositifs d’aide à la création d’emploi et qui ont ensuite détourné les financements obtenus vers d’autre activités», a-t-il précisé.

Il a, dans ce sens, fait savoir que «le taux d’échecs en termes de création de micro-entreprises via les dispositifs de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeune (Ansej) et de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC) ne dépassait pas les 3,5% ; quant au taux de recouvrement des crédits par les investisseurs, il est de plus de 70%».

Citant quelques exemples de réussite d’investisseurs dans la wilaya de Tizi Ouzou où il a effectué une visite, le ministre du Travail a salué les jeunes qui «prennent des initiatives pour créer de l’emploi et de la richesse, même si certains d’entre eux ont échoué. Ils ont le mérite d’avoir eu l’esprit d’initiative et acquis une expérience», a-t-il dit.

S’adressant aux porteurs de projets, le ministre les a rassurés qu’ils y trouveront toute l’aide et l’assistance dont ils auront besoin. «Un accompagnement sera également assuré par la CNAC et l’Ansej aux promoteurs en difficulté, en vue de les aider à trouver des solutions aux contraintes et assurer la viabilité de leurs projets», a-t-il ajouté.

M. Zemali a rappelé que son département ministériel a donné des instructions aux 48 walis pour appliquer la décision portant réservation de 20% de la commande publique à ce type d’entités économiques afin de leur assurer un plan de charge et leur permettre de créer de l’emploi. «Nous veillerons à l’application rigoureuse de cette instruction», a-t-il dit.

Interrogé lors d’un point de presse animé en marge de la clôture du Salon national du jeune investisseur sur le taux de chômage en Algérie, le ministre a souligné qu’il se situe «entre 10 et 11% à l’échelle nationale et qu’il est de 8% dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Le taux reste stable en dépit de l’arrivée annuelle sur le marché de l’emploi d’un demi million de nouveaux diplômés issus des secteurs de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle». Le ministre a souligné que l’une des préoccupations majeures de son secteur est la titularisation des employés recrutés dans le cadre des contrats pré-emploi particulièrement dans le secteur de l’administration, et dont le nombre avoisine les 360 000 dans tout le pays. «Quelques 1,7 million d’employés qui se trouvaient dans cette situation ont été déjà régularisés.

Nous nous attelons à régler ce problème dans les meilleurs délais», a-t-il promis. Répondant à une question relative aux équilibres financiers du système de sécurité sociale dont le «déficit» touche notamment la branche retraite, M. Zemali a rappelé les mesures prises par le gouvernement pour combler ce déficit, dont l’ouverture d’une ligne de crédit sur 40 ans avec 20 ans de différé bonifié.

«Parallèlement, des brigades mixtes sillonnent le territoire national pour vérifier si l’employeur fait ses déclarations à la sécurité sociale. Le contrôle des arrêts maladie sera renforcé», a ajouté le ministre qui a indiqué qu’«en 2017, un montant de 14 millions de journées maladie a été indemnisé, un chiffre qui a sensiblement baissé en 2018», a-t-il dit, relevant que ce chiffre pour l’année dernière n’est pas encore arrêté et sera communiqué ultérieurement.