Importation: Les commerçants veulent une baisse de la taxe additionnelle

Rym Nasri, Le Soir d’Algérie, 6 février 2019

L’Association nationale des commerçants et artisans algériens réitère son accord pour la levée d’interdiction à l’importation des produits soumis à la suspension provisoire durant 2018, mais n’adhère pas au droit additionnel provisoire de sauvegarde appliqué. Qualifiant cette taxe d’«exagérée», elle plaide ainsi pour sa réduction jusqu’à 30%.
Rym Nasri – Alger (Le Soir) – Pour son président, Hadj Tahar Boulenouar, cette taxe va créer un monopole sur le marché extérieur. «Avec l’application de cette taxe élevée, nous craignons que beaucoup d’importateurs vont abandonner cette activité. Cela conduira vers la création d’un monopole aux mains d’un groupe réduit d’importateurs et donc de la spéculation», a-t-il expliqué hier, au forum du quotidien El Mihwar, à Alger.
Autre conséquence de cette taxe appréhendée par Boulenouar : la hausse des prix de la production nationale.
Selon lui, de nombreux produits non fabriqués en Algérie ont été taxés à plus de 60% alors que d’autres fabriqués localement tels que les produits d’hygiène corporelle et les détergents sont soumis à une taxe qui ne dépasse pas les 40%.
S’érigeant contre l’imposition d’un droit additionnel provisoire de sauvegarde excessivement élevé, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens appelle à sa baisse jusqu’à 30%.
Quant à la banane exonérée de cette taxe, Boulenouar souligne que ce produit porte préjudice à la production nationale en fruits. «Nous demandons à ce que la banane soit, elle aussi, soumise à la taxe additionnelle», dit-il.
De son côté, le président de la commission nationale des opérateurs des équipements électriques et d’éclairage, Hocine Merabti, déplore que des produits de son secteur soient aujourd’hui soumis à une taxe de 127% surtout, dit-il, qu’«ils ne sont même pas fabriqués en Algérie». Il cite l’exemple des spots led qui, précise-t-il, «permettent pourtant l’économie de l’énergie prônée par les pouvoirs publics».
Pour sa part, le représentant des opérateurs et importateurs de meubles et dérivés de bois, Djaber Bensdira, dit ne pas comprendre la démarche de l’Etat qui impose une taxe additionnelle de 127% à un produit qui «n’est pas fabriqué à une échelle industrielle en Algérie». Il a assuré à cet effet que les importateurs du secteur sont prêts à se convertir en producteurs. Il rappelle ainsi le projet d’une ville industrielle pour les meubles dans la wilaya de Boumerdès qui allait engendrer dix mille postes de travail.
Il suggère ainsi à ce que le produit semi-fabriqué soit soumis à une taxe réduite afin d’encourager les industriels.
Ry. N.