Affaire Touati Merzoug : «La décision de la Cour suprême est un bon signe»

Nouredine Douici, El Watan, 05 février 2019

Lors d’une conférence de presse organisée hier, le comité pour la libération de Merzoug Touati a commenté la décision de la Cour suprême d’annuler le verdict prononcé par le tribunal de Béjaïa condamnant Merzoug Touati à 7 ans de prison ferme et son jugement par le tribunal criminel de Skikda.

Les animateurs du comité voient en cette «procédure» un bon signe, qui augure de la programmation du dossier du détenu dans le cadre de la prochaine session supplémentaire qui doit se dérouler avant fin mars prochain. Toutefois, le nouveau lieu de détention de Merzoug Touati n’a pas été communiqué ni à la famille ni aux avocats depuis son transfert de la prison de Blida afin de le rapprocher de Skikda, ce qui inquiète la maman du détenu qui n’a pas revu son fils depuis plusieurs semaines.

Cependant, le comité appelle les militants des droits humains et la population qui suit cette affaire depuis deux ans de rester vigilants et mobilisés. Un rassemblement devant le tribunal de Skikda est prévu le jour du procès, en attendant d’en connaître la date. Les animateurs du comité ont indiqué que «des militants issus de différentes wilayas ainsi que les anciens détenus d’opinion qui ont été libérés récemment ont tous confirmé leur participation au rassemblement de Skikda, ce qui donne un cachet national et de la crédibilité à cette cause qui a connu l’incarcération d’un jeune innocent pour des faits qu’il n’a pas commis».

Les membres du comité ont également profité de l’occasion pour suggérer «l’élargissement du collectif des avocats de la défense. Maîtres Bouchachi Mustapha et Zoubida Assoul ainsi que d’autres ont promis de rejoindre le collectif d’avocats qui est déjà à pied d’œuvre pour défendre le jeune Touati bénévolement. Une réunion de coordination devrait être organisée entre les robes noires pour préparer la défense».

Pour le comité de soutien à Merzoug Touati, «aujourd’hui, les décideurs savent qu’il existe un véritable élan de solidarité et une mobilisation infaillible qui s’est exprimée à deux reprises et avec la même intensité le 20 novembre (qui a abouti à l’annulation du dernier jugement) et celles du 18 décembre 2018 dans les rues de Béjaïa».

Et cette mobilisation n’est pas près de s’essouffler quelles que soient les conditions et la conjoncture. Le comité, qui se dit prêt et capable de déplacer la contestation à Skikda, souhaite voir «le prisonnier d’opinion blanchi et réhabilité dans tous ses droits, car un sursis sera considéré comme un échec pour le mouvement».