Tribunal permanent des peuples: Une session sur les migrations prévue à Tunis

Iddir Nadir, El Watan, 28 janvier 2019

Un séminaire de préparation pour l’organisation d’une session du Tribunal permanent des peuples (TPP) sur les questions migratoires dans la région du Maghreb s’est tenu samedi dernier à Tunis, à l’invitation du Forum tunisien des droits économiques et sociaux. Le séminaire a eu lieu en présence de membres du secrétariat du TPP ainsi que de représentants des associations et des organisations maghrébines et de l’immigration.

Créé en 1979, le TPP est un tribunal d’opinion qui agit de manière indépendante des Etats et répond aux demandes des communautés et des peuples dont les droits sont violés. Ses fondements reposent sur la «Déclaration d’Alger» (Déclaration universelle des droits des peuples du 4 juillet 1976), entre autres.

«La tenue du TPP en Afrique du Nord – dommage qu’elle n’aura pas lieu en Algérie, qui est le pays phare en termes de migrations, de transit, d’installation et de départ dans le Maghreb – est l’événement le plus important pour les organisations de la société civile qui travaillent sur la thématique de la migration», relève Fouad Hassam, militant des droits des migrants et l’un des participants, qui signale que plus de 80 ONG maghrébines sont favorables à la tenue de ce tribunal au Maghreb.

Bien que ce ne soit pas un tribunal avec une force d’exécution mais beaucoup plus un tribunal d’opinion avec une force morale, qui regroupe les ONG et les militants intellectuels les plus célèbres et influents du monde entier, «la crédibilité du TPP n’est pas à démontrer. Il ne fait que renforcer notre engagement», estime Saïd Salhi, vice-président de la LADDH.

Le TPP a déjà consacré un cycle de sessions sur le non-respect et les violations des droits des migrants. «Les sessions de Barcelone en juillet 2017, de Palerme de décembre 2017 et de Paris des 4 et 5 janvier 2018 ont mis en exergue les responsabilités des Etats – en particulier européens- – sur les conséquences des politiques d’externalisation et leurs impacts sur la vie des migrants et de leurs familles dans le bassin méditerranéen», rappelle un communiqué rendu public à l’issue de la session.

La prochaine session du TPP aura lieu à Tunis. Elle devra traiter de la responsabilité des gouvernements et des Etats maghrébins en matière de  politiques migratoires, de violations des droits des migrants dans l’espace maghrébin, des conséquences des politiques migratoires de l’Union européenne et des instances internationales et des limites du droit international en matière des migrations, détaille le communiqué.

Au sujet de la déclaration du TPP à propos des politiques migratoires, il faudra relever, estime M. Salhi, qu’en 2018 beaucoup d’engagements ont été pris, notamment lors du Pacte mondial des migrants, mais qui n’arrivent pas à impacter effectivement les réalités des migrants qui continuent à subir les politiques antimigrants partout dans le monde, les gouvernements foulent aux pieds partout leurs propres engagements. «L’Algérie n’est pas en reste.

Les expulsions sont quotidiennes et certains abus sont aussi signalés du fait de l’absence d’un cadre légal et d’une politique migratoire claire et cohérente», déplore le militant des droits de l’homme.