Election présidentielle : Il y a de quoi grincer des dents

Nassima Oulebsir, El Watan, 25 janvier 2019

A suivre le rythme actuel des retraits de formulaire pour l’inscription à la candidature pour l’élection présidentielle de 18 avril, on dépassera largement la centaine de postulants. Même si les dossiers ne sont pas encore étudiés et encore moins validés, le rush sur le ministère de l’Intérieur frôle la folklorisation et la débilité.

C’est du jamais vu dans l’histoire des élections en Algérie. C’est à un défilé que nous assistons quotidiennement devant le ministère de l’Intérieur. Mais aussi, c’est à la limite d’un «folklore»… on frôle même la «débilité», même si personne n’a enfreint la Constitution.

Ces personnes venues retirer les formulaires de candidature à l’élection présidentielle répondaient simplement (ou presque) aux conditions citées par la loi. Elles jouissent toutes de la nationalité algérienne d’origine.

Elles ont présenté la déclaration sur l’honneur légalisée justifiant leur foi musulmane ou encore l’attestation de nationalité algérienne du conjoint. Jusqu’à hier, 79 personnes ont affiché leur souhait de candidature à l’élection présidentielle. Un chiffre qui donne le tournis. Mais il s’agit là d’une candidature à une candidature. Rien n’est encore validé comme demande.

Sur les 94 retraits de formulaires de souscription individuelle, indispensables pour la constitution des dossiers de candidature à l’élection présidentielle, 12 personnes sont des présidents de parti politique et 82 des prétendants libres, selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire dans un communiqué rendu public mercredi (présentés ci-dessous). Les concernés ont donc pu bénéficier des quotas de formulaires de souscription, en application des dispositions légales en vigueur.

Une date à retenir : le 3 mars. C’est le dernier délai de dépôt des dossiers de candidature pour l’élection du Président, a encore annoncé le Conseil constitutionnel. «La déclaration de candidature est déposée, au plus tard, dans les 45 jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral», selon l’article 140 de la loi organique portant régime électoral. A partir de cette date, les postulants à la candidature auront un délai de 45 jours pour déposer leurs dossiers auprès du Conseil constitutionnel.

Ce dernier statuera à son tour sur leur validité dans un délai de dix jours. «La déclaration de candidature est déposée au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral», stipule la loi. Et pour briguer un mandat présidentiel, les candidats à la candidature seront tenus, conformément à l’article 139 de la loi de janvier 2012, de présenter des signatures d’électeurs.

Le candidat doit présenter  soit une liste comportant au moins 600 signatures individuelles de membres élus d’assemblées populaire communale ou de wilaya ou de parlementaires, réparties au moins à travers 25 wilayas. Ou alors une liste comportant au moins  60 000 signatures individuelles d’électeurs inscrits sur les listes électorales. Ces signatures doivent être recueillies à travers au moins 25 wilayas. Le nombre minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas ne doit pas être inférieur à 1500.

Puis viendra la campagne électorale. Article 188 : «La campagne électorale est déclarée ouverte 25 jours avant la date du scrutin pour s’achever 3 jours avant la date du scrutin.» Autrement dit, le 24 mars pour le début de la campagne afin qu’elle soit clôturée le 14 avril au soir.

La disposition 189 somme les candidats de respecter cette période en stipulant clairement que «nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne en dehors de la période prévue à l’article 188 de la présente loi».