Retrait des formulaires de candidature au scrutin présidentiel : Au moins 18 candidats potentiels

Salima Tlemcani, El Watan, 22 janvier 2019

En 24 heures, au moins 11 Algériens, entre personnalités médiatiques et simples citoyens, ont, à en croire le ministère de l’Intérieur, retiré les formulaires de candidature au scrutin présidentiel d’avril 2019. Ils étaient à peine six à avoir effectué cette procédure dimanche dernier et leur identité n’a pas été révélée.

En effet, lors de sa conférence de presse tenue dimanche dernier à Alger, curieusement le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, s’est abstenu de divulguer les noms des premiers candidats à la candidature présidentielle, alors que les intentions de ces derniers ne sont frappées d’aucun sceau de confidentialité. En tout état de cause, des sources proches de ce département révèlent que la liste des retraits de formulaires évolue continuellement.

C’est ainsi qu’hier, par exemple, le nombre de candidats passés par cette procédure a atteint 11 cas, en milieu d’après-midi. Non portés par des partis politiques, ils doivent tous recueillir, comme le stipule la loi, les 60 000 signatures dans au moins 25 wilayas du pays et répondre à plusieurs critères égaux pour que leurs candidatures soient être validées par le Conseil constitutionnel.

Certains sont médiatiquement connus. C’est le cas de Nacer Boudiaf, fils du défunt président Mohamed Boudiaf, qui avait dès juin dernier exprimé son intention de se présenter à l’élection présidentielle d’avril 2019, en promettant aux Algériens de «bâtir un régime qui se réfère au savoir, à la justice, à l’éducation, à la culture et au commerce fructueux». Tout comme lui, Rachid Nekkaz, apparu hier sur les chaînes de télévision, devant le siège du ministère de l’Intérieur, sous une pluie battante, a annoncé le retrait des formulaires de candidature au scrutin présidentiel.

Il est suivi par le sulfureux ex-député Tahar Missoum, qui avait défrayé la chronique par ses attaques virulentes à l’égard de certains ministres, au point de faire l’objet d’une lourde sanction, à savoir son exclusion de l’Assemblée jusqu’à la fin de son mandat de député.

Plus connu sous le pseudonyme de «spécifique», Missoum revient sur la scène politique, par la porte de l’élection présidentielle. Hier, il a retiré les formulaires pour prendre part à la course. Moins connu que les trois premiers, le général-major à la retraite Ali Ghederi a lui aussi retiré les formulaires de candidature à la magistrature suprême, après avoir exprimé publiquement cette intention. Il s’est quand même fait connaître à travers plusieurs contributions publiées par la presse nationale, avant de déclarer son intention de prendre part à la course électorale du 18 avril prochain, en comptant sur une participation massive de la population à ce rendez-vous. Inconnu au bataillon, Salah Souakri a procédé au retrait du fameux formulaire, alors qu’il avait, il y a quelques mois, annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2019, en promettant monts et merveilles aux jeunes Algériens.

Il n’est pas le seul dans ce cas. Avant lui, Djamel Saadi, ancien officier de l’ANP,  élève de l’Ecole des cadets, avait lui aussi annoncé sa décision de prendre part à l’élection présidentielle, en faisant la promesse de marier les jeunes, de leur octroyer des logements et des rentes de chômage.

Pour ce qui est des partis, ils sont déjà au moins sept à avoir retiré les formulaires de candidature pour leurs dirigeants. Ainsi, Ali Zeghdoud est le candidat du Rassemblement algérien (RA), le Dr Abdelaziz Belaïd est celui du Front El Moustakbal, Mahfoud Adoul d’Ennasr El Watani, Abdelhamid Djeldjeli du Front des jeunes démocrates pour la citoyenneté, Ali Benflis de Talaie El Hourriyet, Tethi Ghetas du MDS (Mouvement démocratique et social) et Omar Bouacha de l’Infitah. Même si beaucoup risquent de ne pas répondre aux critères de sélection, cette liste va connaître d’autres partis, qui n’apparaissent que lors des rendez-vous électoraux.