Education: La grève du 21 janvier maintenue

Z. Mehdaoui, Le Quotidien d’Oran, 20 janvier 2019

En dépit des rencontres qui ont eu lieu, la semaine dernière, entre les syndicats du secteur de l’éducation et des responsables du ministère, l’intersyndicale de l’éducation annonce le maintien de son mouvement de grève prévue le 21 janvier. Dans un communiqué rendu public hier, l’intersyndicale précise que ces réunions n’ont apporté aucune solution aux doléances des enseignants et de tous les travailleurs du secteur. «Le ministère n’a pas donné des réponses satisfaisantes à nos revendications socioprofessionnelles », lit-on dans le communiqué qui précise qu’en plus de la grève, des rassemblements sont programmés le 22 janvier en face des directions de l’éducation du pays.

Le recours de l’intersyndicale de l’éducation nationale à ce mouvement de grève est motivé, selon la même source, par l’absence d’une bonne volonté de régler les problèmes des travailleurs du secteur maintes fois soulevés aux hautes instances, mais en vain.

Ces syndicats dénoncent également «le mode de gouvernance de la tutelle qui n’a pas respecté ses engagements par rapport au statut particulier et les œuvres sociales des travailleurs du secteur».

Pour ce qui est des réformes projetées dans le secteur de l’éducation, les six syndicats en question dénoncent «la prise de décision du ministère de tutelle d’une manière unilatérale sans consultations des partenaires sociaux». Notons que l’intersyndicale composée de six syndicats du secteur entre autres l’Unpef et le Snapest avait décidé de se retirer collectivement de la charte d’éthique du secteur, signée conjointement avec leur ministère de tutelle en novembre 2015.

Rappelons également que le ministère du Travail ainsi que celui de l’Education nationale ont considéré cette grève illégale. Les enfants risquent encore une fois d’être pris en otage par les parties en conflit alors que le secteur vit une crise sans précédent du fait d’un système pédagogique qui a montré ses limites.

En effet la réforme initiée par l’ancien ministre de l’Education, Boubekeur Benbouzid, a provoqué un véritable naufrage de l’école algérienne.

Les gouvernements successifs en voulant réformer tous les secteurs simultanément ont transformé l’école en laboratoire expérimental avec toutes les répercussions que nous connaissons aujourd’hui. L’enseignant ne maitrise pas son sujet et l’élève est plus que jamais perdu. Nous assistons en effet à une génération d’élèves et d’étudiants qui passent les différents paliers et qui ne savent ni lire ni écrire.

C’est le cas notamment au niveau des écoles primaires ou des instructions sont données aux responsables des établissements scolaires afin de faire passer automatiquement les élèves de première année en deuxième puis en troisième même si ces derniers ne connaissent même pas leur alphabet. Et ce n’est pas la faute des élèves.

Selon les témoignages d’enseignants, le programme est tellement compliqué que les enfants ne s’y retrouvent pas.

« On oblige l’élève à lire et à écrire alors qu’il ne connait même pas l’alphabet », atteste un enseignant.

Les tentatives de Nouria Benghabrit, la ministre de l’Education, de redresser la barre, sont arrivées un peu tardivement, ajoute cet ancien enseignant qui avoue sincèrement avoir peur pour tous ces centaines de milliers d’enfants qui fréquentent tous les jours l’école et qui sont broyés par le système à tel point qu’ils sont tous devenus violents alors que l’objectif était de former les futures générations. Selon notre interlocuteur, les luttes à l’intérieur des écoles aujourd’hui sont d’ordre idéologique et cela n’augure rien de bon.