Merzoug Touati boucle deux ans de prison : La LADDH appelle à «examiner sans délai» le dossier du détenu

Iddir Nadir, El Watan, 19 janvier 2019

Le blogueur, Merzoug Touati, condamné à sept ans de prison, a bouclé, hier, deux années de détention. Dans un communiqué rendu public en fin de semaine dernière, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) a appelé la Cour suprême à «examiner sans délai» le dossier du «détenu d’opinion» pour lui permettre de recouvrer la liberté.

Huit mois après l’introduction du recours à la Cour suprême, la Ligue, aile Hocine Zehouane, réitère sa demande pour la libération du blogueur incarcéré à la prison de Blida, signale le vice-président Saïd Salhi. Le tribunal de première instance de Béjaïa a condamné le blogueur à 10 ans de prison pour de très lourds chefs d’inculpation : «incitation à un attroupement non armé», «intelligence avec une puissance étrangère dans le but de nuire aux relations diplomatiques» et «incitation à des rassemblements et des sit-in dans des lieux publics». Le chef d’«incitation à prendre les armes contre l’autorité de l’Etat», qui aurait pu lui valoir une condamnation à mort, a finalement été abandonné. A l’issue de son procès en appel, la peine a été réduite à 7 ans.

La LADDH, qui s’est mobilisée depuis l’interpellation du blogueur en 2017, en engageant un collectif d’avocats, n’a pas cessé d’appeler à l’abandon des poursuites et à sa libération inconditionnelle, précise Salhi, rappelant que lors de ses deux procès en première et deuxième instances en mai et juin 2018 à Béjaïa, les représentants du parquet ont requis 25 ans de prison ferme à l’encontre de Merzoug, qui a été condamné à 7 ans de prison ferme. L’organisation qualifie les deux procès de «non équitable, car exclusivement à charge et amplifiés sur la base d’un dossier vide».

Détenu d’abord à la prison de Oued Ghir, Touati, qui a lancé une grève de la faim interrompue à la demande de sa mère, sera transféré à Blida. Ayant récemment rencontré la mère du détenu, le vice-président de la LADDH parle d’une femme abattue par l’éloignement de son fils. «Elle est un peu abattue depuis l’éloignement de son fils à Blida.

La dernière visite qu’elle lui a rendue remonte au 21 décembre», signale Salhi, relevant que la mère a à charge un enfant de 11 ans, Hani, encore sous traitement suite au traumatisme qu’il a eu lors de son interpellation avec son frère incarcéré. La mère «vit difficilement, y compris sur le plan social, car elle est locataire à Béjaïa et Merzoug était le seul à subvenir à ses besoins», poursuit le militant des droits de l’homme. Diplômé de l’université, Merzoug Touati était au chômage au moment de son interpellation. Amnesty International, qui a mis en ligne une pétition appelant à sa libération, a précisé que le jeune, qui gérait une page Facebook et le blog Alhogra.com, supprimé depuis, n’était affilié à aucun parti politique ni à aucune association.