Quatre journalistes d’“Echourouk” en grève de la faim

“Nous avons été mis à la porte sans motif valable”

Liberté, 12 janvier 2019

Quatre journalistes et un reporter-photographe, du journal Echourouk ont organisé, hier, un sit-in devant le siège du journal, sis à la Maison de la presse de Kouba. Ils protestent contre leur licenciement “décidé arbitrairement par la direction du journal”, pour lequel ils ont travaillé pendant de longues années. Il s’agit de Réda Mellah, Saïd Batoul, Bachir Zemri et de  la journaliste I. B. À ce mouvement de protestation marqué aussi par une grève de la faim entamée avant-hier, s’est joint le photographe Younès Oubaïche, pour s’insurger contre sa mise à l’écart par la rédaction en chef du journal. “On m’a retiré tout le matériel de travail depuis deux mois, et on m’a interdit d’assurer des couvertures”, dénoncera Oubaïche. “Il y a parmi nous des journalistes licenciés qui ont rendu, durant plus de 11 années, de loyaux services à cette entreprise, à l’image de Bachir Zemri. Les autres ont au minimum six ans d’ancienneté. Du jour au lendemain, nous nous retrouvons à la rue”, ont déploré les quatre salariés licenciés. Après avoir interpellé à maintes reprises les responsables concernés, les quatre employés “renvoyés” ont recouru à la rue pour faire entendre leur colère et dénoncer les “manigances” de la direction générale. “Nous interpellons le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, pour mettre fin à notre souffrance. Nous avons été licenciés sans aucune raison légale.” Les salariés licenciés disent qu’ils ont adressé plusieurs correspondances au directeur de la publication “pour les réintégrer à la rédaction d’Alger”. Le conflit entre les deux parties remonte, dit-on, à novembre dernier lorsque les quatre journalistes ont rédigé une pétition signée par pas moins de quarante employés pour réclamer le paiement de leurs salaires. “Nous n’avons pas perçu notre rémunération depuis trois mois, nous avons initié une pétition pour nous faire payer. Nous avons alors remis la requête en question au conseiller du P-DG. Malheureusement une copie de cette pétition a été envoyée au journal Ennahar Online qui n’a pas hésité à la publier sur son site. Depuis, les responsables du journal cherchent le moindre prétexte pour nous humilier et nous faire avaler des couleuvres”, ont-ils expliqué avant d’ajouter : “Alors sans nous consulter, la direction pond quatre décisions de mutation dans les bureaux régionaux pour, en fait, nous sanctionner. Nous avons demandé à la direction de prendre en charge le loyer du logement et les frais d’installation et de transport, mais en vain. Après quoi, la direction n’a pas hésité à nous mettre à la porte sans motif valable.” Nous avons pris attache avec les responsables d’Echourouk pour avoir leur version des faits, le DAG, Mohamed Zellagui, en l’absence du P-DG du groupe, Ali Fodhil, a précisé que “ces journalistes ont été mis en demeure trois fois, pour rejoindre leurs nouveaux postes dans les bureaux régionaux. Mais, ils ont refusé. C’est alors que la direction s’est trouvée contrainte de mettre fin à leur relation de travail avec Echourouk”. S’agissant du loyer et des frais de déplacements, le DAG a rappelé que “ces aspects sont mentionnés dans la décision de mutation”. En attendant que leur affaire soit examinée par l’Inspection du travail prévue pour mardi prochain, soit le 15 janvier, les protestataires sont déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à l’aboutissement de leurs doléances.

Hanafi H.