Leur grève a mis à nu un système de santé défaillant

Les résidents face à l’hostilité de l’administration

Iddir Nadir, El Watan, 26 décembre 2018

Le mouvement de protestation des médecins résidents en sciences médicales a tenu en haleine l’opinion pendant une bonne partie de l’année. Lancée en novembre 2017 à l’appel du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), la grève des étudiants en médecine des 11 facultés de médecine du pays s’est poursuivie pendant plusieurs mois et n’a été «gelée» qu’en mai-juin.

A la détermination des résidents a répondu l’hostilité de leurs deux tutelles : ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Pis encore, les délégués ont été malmenés dans leurs services et leurs actions de rue violemment réprimées par les services de police. Les rares rencontres entre les différentes parties – particulièrement entre les services du département de Mokhtar Hasbellaoui et des délégués du bureau national du Camra – n’avaient pas abouti.

La grève des Camristes, qui a durement affecté les services hospitaliers des CHU, a mis à nu la défaillance d’un système de santé moribond. Le Camra a décidé de boycotter les différentes sessions de l’examen du diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS) qui ne s’étaient pas tenues selon le calendrier établi par l’enseignement supérieur. Après plusieurs mois d’une longue grève, la plus longue de toute l’histoire de l’université algérienne, précise-t-on, les étudiants, dont les salaires ont été gelés, ont choisi de suspendre leur grève.

Dans l’incompréhension générale des Camristes, dont certains avaient contesté le rôle de leurs délégués nationaux, qui n’avaient pas pu satisfaire la plateforme de revendications soumise aux autorités au début du mouvement. Début novembre, deux décrets exécutifs sur une prime mensuelle et sur de nouvelles durées d’accomplissement du service civil, selon les zones, pour les médecins résidents, ont été publiés au Journal officiel n°62.

Le Camra version 2017, dont les délégués s’étaient battus contre toutes les manipulations visant à discréditer sa composante et à faire éclater le mouvement, a disparu ou presque. Sa page officielle n’est alimentée qu’occasionnellement. Le dernier communiqué de cette entité date du 7 octobre dernier (réf. 60).

Par un texte laconique, des candidats ajournés de l’examen de DEMS – session de juillet – ont lancé un appel à leurs confrères, toutes années confondues, afin de participer à un sit-in le lendemain devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur. Le Camra a réclamé dans sa plateforme de revendications – inaboutie – l’«abrogation» contestée du service civil «dans sa formule actuelle».

Il a exigé une dispense du service militaire au même titre que les citoyens algériens nés entre 1985 et 1987 et l’abrogation des notes internes du MDN, qui ne prennent pas en compte les demandes de dispense pour cause médicale ou pour soutien de famille déposées par les résidents. Le Camra s’est déclaré également pour la révision du statut général du résident très «flou» et qui les prive des avantages que peuvent avoir des étudiants ou des travailleurs (hébergement, œuvres sociales, etc.)