Confédération des syndicats algériens (CSA): Une nouvelle force syndicale créée

Isma Bersali, El Watan, 26 décembre 2018

Faisant partie de l’Intersyndicale, 13 syndicats autonomes ont procédé en novembre dernier à la création de la Confédération des syndicats algériens (CSA). Considérée par certains comme un «concurrent» à l’UGTA, les promoteurs de cette confédération parlent, eux, d’un «besoin» exprimé par les travailleurs lésés dans leurs droits.

Dans sa configuration actuelle, elle couvrirait syndicalement 14 millions de travailleurs, tous secteurs confondus, y compris la Fonction publique. «C’est un poids important et significatif qui renforce nos actions de revendications et notre capacité de mobilisation.

Nous ne voulons pas être en relation conflictuelle avec l’UGTA, mais plutôt en complémentarité. Toute compétitivité entre nous ne sera que bénéfique pour le travailleur que nous défendons», avait déclaré Sadek Dziri, coordinateur et porte-parole de la CSA, qui a estimé que la centrale syndicale a «failli dans sa mission», celle de défendre le travailleur, et s’est «affiliée» au pouvoir.

Justement, dans ce sens, Nacer Djabi, sociologue et spécialiste du syndicalisme en Algérie, a estimé que la création de la Confédération, après plusieurs mois de maturation, est un contre-pied à l’arrogance du patronat et à l’allégeance au pouvoir. Représentant la force active et militante du pays, cette Confédération est censée, selon cet expert, apporter de l’équilibre à l’activité syndicale et la vie sociale. Elle devra contrecarrer deux problèmes essentiels que sont l’absence de syndicats des travailleurs dans le secteur privé et la faible représentation féminine dans le mouvement syndical.

Cette force de revendication fait que cette organisation autonome ne soit évidemment pas du goût du pouvoir. Un motif qui augmente certes la crainte chez les syndicalistes, mais n’en diminue pas leur motivation à aller de l’avant. Les membres ont dit avoir respecté toutes les exigences prévues dans la loi pour éviter les bâtons dans les roues que pourrait mettre en place le ministre du Travail pour faire avorter la procédure d’agrément.

Le dépôt de ce dossier, qui devait se faire à la mi-novembre dernier, a été retardé à cette semaine afin d’avoir un siège social pour cette nouvelle organisation syndicale. La CSA cible, dans sa feuille de route, la défense de quatre dossiers essentiels : les libertés syndicales, le droit à la retraite sans condition d’âge, le nouveau code du travail et le pouvoir d’achat.