Le pouvoir d’achat a fortement baissé

Le Snapap adresse une lettre au président de la République

Iddir Nadir, El Watan, 23 décembre 2018

Le Snapap lance une campagne sous le slogan : «Bezzef, c’est trop». S’appuyant sur une étude sur le pouvoir d’achat, le syndicat adresse un appel au président de la République pour réclamer une revalorisation des salaires. Selon l’organisation, 80 000 DA est le «minimum» vital pour une famille algérienne de 5 membres.

Pouvoir d’achat laminé. Inaction des pouvoirs publics. Le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) vient de lancer une campagne nationale placée sous le slogan : «Bezzaf, c’est trop» pour réclamer l’augmentation des salaires, la révision de l’IRG pour les travailleurs et son annulation pour les retraités.

L’appel de l’organisation s’appuie sur une étude sur le pouvoir d’achat présentée lors d’un atelier tenu, le 19 décembre dernier, à Alger. «A la lumière des débats, une stratégie de campagne nationale de mobilisation est mise en place. Elle s’appuie sur un avant-projet de questionnaire pour un sondage d’opinion et la rédaction d’une lettre en vue d’une pétition pour la collecte d’un million de signatures, adressée aux décideurs prochainement», précise Nassira Ghozlane, secrétaire générale du Snapap/CGATA.

La campagne que compte lancer le syndicat se veut comme une réponse aux besoins de plus en plus accrus des travailleurs, affectés par la précarité des salaires, la chute du pouvoir d’achat, l’inaccessibilité aux services publics les plus élémentaires, tels que la santé, l’éducation, l’emploi, le logement et le transport, précise le syndicat présidé par Rachid Malaoui. «La situation est critique. Elle est de plus en plus intenable.

Il y a une augmentation excessive des prix de tous les produits de large consommation. De 33 000 DA à 72 000 DA, le salaire minimum réclamé par le syndicat a augmenté ces derniers mois. Un salaire d’au moins 80 000 DA est le minimum vital pour faire vivre une famille de 4 à 5 personnes.

Lorsque l’on sait que le salaire moyen en Algérie est de 28 000-30 000 DA, on se rend compte des difficultés auxquelles font face les Algériens de plus en plus précarisés», s’alarme Fatmi Abdelkader, membre du Snapap/ CGATA, chargé des études sur le pouvoir d’achat.

Société vulnérable

Le Snapap a adressé un appel au président de la République qui doit décréter une augmentation des salaires. «Nous sommes confrontés à des difficultés sociales et économiques découlant de la dégradation sans précédent du pouvoir d’achat, de l’augmentation exorbitante et non contrôlée des prix des produits de large consommation et la difficulté d’accéder aux services publics nécessaires à la survie, notamment les soins de santé», écrit le Snapap, affirmant qu’il est inadmissible qu’en 2018, les salaires et pensions ne couvrent plus les besoins vitaux des familles, dont des pans entiers «ont basculé dans la précarité sociale».

«Nous ne voulons plus que la précarité continue à pousser nos enfants vers la harga, nous ne voulons plus que nos jeunes enfants et adolescents abandonnent l’école pour travailler et aider leurs familles comme aux temps révolus», poursuit le syndicat. Pour l’organisation, ce contexte social et économique est à l’origine de la violence multiforme qui frappe de plein fouet les foyers algériens, rend la société vulnérable et précaire et menace la paix sociale.

Convaincu que la situation de tension et de malaise social (jeunes harraga qui meurent tous les jours en mer, suicides et chômage) est la résultante des lois et mesures antisociales, décidées par les pouvoirs publics, le Snapap/CGATA affirme vouloir utiliser tous les moyens légaux et pacifiques que lui confèrent la loi pour arracher un salaire décent et digne pour les travailleurs.