En conflit avec le ministre des affaires religieuses: Les imams menacent d’investir la rue

Liberté, 15 décembre 2018

La Coordination nationale des imams et des fonctionnaires des affaires religieuses, affiliée à l’UGTA, va organiser un sit-in de protestation sous le slogan “Sit-in des turbans blancs”, dont la date sera fixée ultérieurement.

Le secrétaire général de ce syndicat, Djelloul Hedjimi, qui l’a annoncé dans un communiqué publié le 10 décembre sur sa page Facebook, revient aussi sur les causes “Considérant des multiples appels et demandes formulés au ministère des Affaires religieuses et des Waqfs pour l’ouverture d’un dialogue réel et sérieux pour le traitement des revendications des travailleurs conformément aux lois de la République vu que nous sommes le seul partenaire social”, indique le préavis adressé au ministre. “Compte tenu des promesses qui nous ont été formulées, que ce soit à travers des correspondances ou des déclarations dans les médias, sur l’ouverture du dialogue et de la concertation devant le partenaire social, rien de tel n’a été fait”, dénonce le syndicat. Et d’ajouter que “c’est en réaction à l’autoritarisme, à la marginalisation volontaire et à l’entrave de l’activité syndicale et à tous les problèmes auxquels font face les imams et les fonctionnaires du secteur des affaires religieuses, tous corps confondus”. Il annonce que “nous sommes dans le regret de vous annoncer que nous organiserons une action de protestation pacifique à caractère national sous le slogan ‘le rassemblement des turbans blancs’, dont la date sera indiquée ultérieurement”. Et réagissant encore une fois aux mises en garde à peine voilées du ministre qui menace d’appliquer la logique de l’État et les lois de la République face aux menaces d’escalade des imams, Djelloul Hedjimi a défendu l’option du dialogue, en affirmant que les imams et fonctionnaires du secteur ne rejettent aucun appel au dialogue. Autrement dit, le recours au sit in est motivé par le refus de la tutelle d’ouvrir le dialogue avec le syndicat. Le Syndicat des imans revendique, rappelle-t-on, une revalorisation salariale, le logement de fonction, un véhicule de service et la sécurité pour les fonctionnaires de ce secteur”.

Mais Mohamed Aïssa a, à maintes fois, réitéré son refus de répondre favorablement à la demande d’augmenter les salaires, tout en soulignant que le statut de l’imam relève du régime de la Fonction publique. Mohamed Aïssa, a, en guise de réponse, déclaré que “je ne peux faire des promesses que je ne pourrai tenir” et “tenter les fonctionnaires est un crime moral”.

A. R.