Énergie : La raffinerie Augusta officiellement propriété de Sonatrach

Hocine Lamriben, El Watan, 2 décembre 2018

La compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, et Esso Italiana (filiale du groupe américain ExxonMobil) ont clôturé, hier à Milan (Italie), la transaction portant sur la raffinerie d’Augusta, a rapporté l’APS, citant un communiqué de Sonatrach.

Désormais, la filiale de raffinage italienne de Sonatrach, dénommée Sonatrach Raffineria Italiana Srl, est devenue propriétaire de ces actifs. Outre la raffinerie d’Augusta (Sicile), la transaction inclut les trois terminaux pétroliers de Palerme, Naples et Augusta, ainsi que des participations dans des pipelines reliant la raffinerie aux différents terminaux.

La finalisation de l’accord, conclu en mai dernier, fait suite à un processus de transition de six mois qui a permis au groupe algérien de lever toutes les conditions suspensives, notamment celles liées aux accords antitrust, a argué le groupe algérien.

Début mai, Sonatrach avait signé, à Rome, un accord avec Esso Italiana pour l’acquisition de la raffinerie d’Augusta et de trois terminaux pétroliers en Italie. A l’époque, Sonatrach expliquait que «le transfert de la propriété de la raffinerie et de ses actifs interviendrait à la fin de l’année 2018, sous réserve du respect de certaines conditions, notamment l’approbation de cette vente par les autorités en charge de la concurrence».

Grâce à cette acquisition, le système de raffinage de Sonatrach sera renforcé d’une capacité de raffinage supplémentaire de 10 millions de tonnes de traitement par an et d’une capacité de stockage équivalent à une autonomie supplémentaire de 3 jours de consommation en gasoil et de 3 jours de consommation en essence. Cette capacité de raffinage permettra à la raffinerie d’occuper la seconde place parmi les positions du groupe en matière de capacités, après la raffinerie de Skikda (16 millions de tonnes/an).

Selon Sonatrach, la raffinerie d’Augusta permettra aussi de couvrir les déficits algériens en essence et en gasoil, et ce, même dans l’hypothèse d’un décalage de 2 années dans la mise en service des nouveaux projets de reforming de naphta, du projet d’hydrocraquage de fuel à Skikda et de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud.

Inclus dans la transaction, les terminaux de carburants de Naples, Palerme et Augusta offrent aussi une capacité de stockage supplémentaire de 565 kb (565 000 barils) de gasoil et 309 kb (309 000 barils) d’essence. Ceci permettra d’assurer 3 jours supplémentaires d’autonomie de stockage par rapport à l’autonomie qui existe en Algérie à travers les capacités de Naftal et de Sonatrach.

De surcroît, «l’un des éléments importants du cahier des charges d’ExxonMobi» réside, d’après Sonatrach, «dans l’exigence de reprendre la production d’huile de base à travers un contrat d’offtake de 10 ans». «Cette condition permet non seulement d’avoir une source de revenus garantie pour les huiles de base, mais surtout d’avoir ExxonMobil comme partenaire de fait pendant au moins 10 ans», notait en mai dernier Sonatrach.