Circuit informel: 4 800 milliards de DA hors de contrôle

Nawal Imès, Le Soir d’Algérie, 01 novembre 2018

Pas moins de 4 800 milliards de dinars circulent en dehors des circuits bancaires. Près de la moitié est détenue par les ménages alors que le reste est échangé dans les circuits informels. Le gouverneur de la Banque d’Algérie espère capter 20 milliards de dollars grâce à une vision d’inclusion financière mais surtout la mise sur le marché de produits «islamiques». Les textes régissant ces derniers seront promulgués incessamment.
Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Les différentes mesures prises pour inciter les personnes réticentes à recourir aux banques pour déposer leur argent n’ont pas réussi à les convaincre. Le gouverneur de la Banque d’Algérie affirme que 4 800 milliards de dinars échappent toujours au circuit formel.

Beaucoup de ménages hésitent toujours à placer leur épargne dans les banques alors que des commerçants adoptent la même attitude, préférant les paiements en liquide au chèque. La Banque d’Algérie se fixe comme objectif de capter 20 milliards de dollars. Comment ? Grâce, dit-il, à une politique d’inclusion financière. La Banque d’Algérie compte également libérer les textes relatifs à la banque islamique en novembre. Les textes régissant des produits dits alternatifs seront bientôt promulgués. Ils permettront à des personnes jusque-là opposées aux financements traditionnels de se réconcilier avec les banques.

Le ministre des Finances partage cette vision en misant sur les produits alternatifs. Nour Medahi, professeur d’économie à l’Université de Toulouse, a abondé dans le même sens, rappelant que la monnaie fiduciaire en circulation était trop importante puisqu’elle égale 25% du produit intérieur brut alors que les dépôts au niveau des banques sont au même niveau faible. Pour attirer l’épargne, les produits financiers doivent non seulement assurer une rentabilité mais également être en conformité avec les convictions religieuses des épargnants. Il avertit néanmoins que la contrainte religieuse augmente les prix de 1 à 2%.

Les Algériens, dit-il, ont tendance à épargner même si cela se fait souvent en dehors des banques puisqu’ils ont tendance à investir dans l’immobilier ou dans l’achat de l’or. Des réflexions livrées à l’occasion de la tenue d’une rencontre dédiée à l’épargne à l’initiative de l’Association des banques et établissements financiers (Abef).
Une occasion qui a permis l’installation officielle de l’Observatoire national de l’épargne, un organisme qui sera chargé d’élaborer des études et de procéder à la collecte des données, des statistiques et des sondages d’opinion sur l’épargne, dont les résultats seront exploités par les banques pour une meilleure collecte de l’épargne.
N. I.