Libertés syndicales : Sonelgaz et General Electric au banc des accusés

Asma Bersali, El Watan, 31 octobre 2018

La fédération syndicale internationale IndustriALL Global Union et le Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snateg) ont déposé une plainte auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) aux Etats-Unis, contre General Electric, partenaire du groupe Sonelgaz, pour «atteintes aux droits des travailleurs» en Algérie.

«General Electric (GE) est directement liée à des violations graves des droits humains en Algérie et a manqué d’y remédier. GE a systématiquement fait fi de nos mises en garde concernant ces atteintes et nous avons donc demandé à l’OCDE d’intercéder», a déclaré le secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, dans un communiqué rendu public avant-hier sur son site officiel. Selon ce document, il est reproché au groupe Sonelgaz une série de harcèlements, menaces, répressions menées à l’encontre des membres et dirigeants du Snateg depuis 2013. Il est également rapporté les affaires en justice entamées par Sonelgaz contre 1114 membres du syndicat pour leur participation à une grève en 2017.

Avec des noms et un ton virulent, cette fédération syndicale internationale accable, dans son communiqué, Sonelgaz qui a licencié le président du Snateg, Raouf Mellal, en représailles à ses activités syndicales et condamné à des amendes et peines de prison pour plusieurs affaires, dont celle où il avait dénoncé une surfacturation illicite durant une décennie affectant huit millions de foyers. IndustriALL cite également le cas de Abdelkader Kouafi, secrétaire général du Snateg, condamné à 3 mois de prison pour avoir dénoncé à la presse le travail précaire au sein de Sonelgaz, et Benzine Slimane, président du syndicat des personnels de sécurité et de protection du Snateg, qui avait dénoncé à l’opinion publique le harcèlement sexuel exercé au sein de cette entreprise étatique à l’encontre des travailleuses.

L’organisation syndicale internationale, qui représente plus de 50 millions de travailleurs dans 140 pays, a voulu mettre la pression sur Sonelgaz à travers son partenaire General Electric, à laquelle il a été adressé plusieurs demandes d’interventions qui sont restées sans suite. GE est liée à Sonelgaz par un contrat de maintenance d’une durée de 20 ans pour une valeur de plus de 3 milliards de dollars. S’ajoutent à cela des sessions de formation au profit des cadres de Sonelgaz et un accord de 2,7 milliards de dollars pour la fourniture de grandes turbines à gaz et de technologies connexes à neuf centrales électriques.

Pour avoir plus d’explications concernant toutes ces accusations et ce dépôt de plainte, nous avons contacté la direction de la communication de ce groupe qui nous a refusé toute déclaration, sous prétexte que la directrice de ce service, Houria Berkat, était en déplacement et qu’elle n’avait aucun remplaçant.