L’avocat Amine Sidhoum parle «de dossiers politiques» : Mellah, Semmar et Boudiab poursuivis pour «diffamation et dénigrement»

Madjid Makedhi, El Watan, 29 octobre 2018

Ces sont des dossiers beaucoup plus politiques que juridiques», déclare Me Amine Sidhoum, membre des collectifs des avocats constitués pour défendre les journalistes Adlène Mellah, Abderrahmane Semmar et Merouane Boudiab. Ayant eu accès aux dossiers des trois mis en cause, l’avocat estime que «l’action judiciaire engagée contre eux n’est qu’un moyen pour cacher l’arrière-pensée politique de l’affaire».

Selon lui, les trois journalistes sont poursuivis pour «diffamation et dénigrement». «Les dossiers ne font pas référence au ‘‘chantage’’, comme l’a fait croire une chaîne de télévision qui s’est transformée en tribunal pour condamner les gens avant la justice», condamne-t-il, dans une déclaration à El Watan. Pour rappel, la chaîne de télévision privée Ennahar TV, dont le patron figure parmi les plaignants, a diffusé en boucle, jeudi dernier, les images des trois journalistes lors de leur présentation devant le juge. La chaîne a parlé «de groupe de malfaiteurs», accusés, entre autres, de «chantage». Un terme qui ne figure pas sur la liste des chefs d’accusation retenus contre les trois journalistes, selon Amine Sidhoum.

Qui a poursuivi les trois journalistes ? Adlène Mellah, selon l’avocat, est poursuivi sur la base de plaintes déposées contre lui par le groupe Ennahar, le wali d’Alger et le groupe Condor. «Quatre avocats se sont constitués pour le défendre», annonce-t-il. Abderrahmane Semmar et Merouane Boudiab, ajoute-t-il, sont poursuivis suite à une plainte déposées contre eux par le gérant du groupe Ennahar et le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. «Je n’ai pas encore vu le dossier. Une dizaine d’avocats vont se charger de la défense lors du procès programmé pour le 8 novembre prochain», explique-t-il.

Amine Sidhoum dénonce, au passage, le non-respect de la présomption d’innocence des trois journalistes qui ont été «inculpés» par la chaîne Ennahar, dont le gérant Anis Rahmani fait partie des plaignants, avant même le procès. Quid de l’affaire concernant l’acteur Kamel Bouakaz, l’ancien footballeur Fodil Dob et le frère du youtubeur Amir DZ ? Peu d’informations sont disponibles pour l’instant concernant leur cas. Il est certain, toutefois, que leur affaire n’est pas liée à celle pour laquelle sont poursuivis les trois journalistes.