Exportations d’hydrocarbures: Les volumes en diminution

Liberté, 10 octobre 2018

Ce mouvement baissier ferait suite aux contre-performances que connaît l’amont pétrolier et gazier après l’échec de l’ensemble des appels d’offres lancés depuis 2008.

La Banque d’Algérie, qui s’est alignée sur le bilan du ministère de l’Énergie, a mis en exergue la baisse chronique des exportations, en volume, des hydrocarbures ; une tendance qui se confirme dans sa dernière note de conjoncture pour le premier semestre de l’année. “La baisse des quantités d’hydrocarbures exportées, exprimées en tonnes équivalent pétrole (TEP), entamée au premier semestre de 2017, s’est poursuivie au cours des deux derniers semestres, passant de 54,96 millions de TEP au premier semestre de 2017, à 53,27 millions de TEP au second semestre de la même année et à 51,40 millions de TEP au premier semestre de 2018, soit une baisse de 6,48% entre les premiers semestres de 2017 et 2018”, fait constater la Banque d’Algérie dans sa note de conjoncture pour le 1er semestre de l’actuel exercice. Cette contreperformance est contrebalancée, cependant, par la hausse des exportations d’hydrocarbures en valeur. Lesquelles ont “nettement augmenté, à hauteur de 19,32 milliards de dollars au premier semestre de 2018 contre 16,15 milliards au premier semestre de 2017, soit une hausse de 19,6%”. Les données de la Banque d’Algérie, confirment que les volumes d’hydrocarbures exportés sont restés sur la tendance descendante amorcée depuis 2007. Ce mouvement baissier ferait suite aux contreperformances que connaît l’amont pétrolier et gazier après l’échec de l’ensemble des appels d’offres lancés depuis 2008. Sur la courbe des exportations d’hydrocarbures calculées en volume, la tendance baissière amorcée depuis 2007 est bien visible. “L’analyse du trend haussier des exportations des hydrocarbures exprimées en valeur révèle, cependant, un effet de compression inhérent à la décroissance en volume de ces exportations en 2007, tout comme en 2006”, écrivait la Banque centrale dans sa note de conjoncture pour le second semestre de 2017. Ce trou d’air de 2006 et de 2007 allait se confirmer dans les neuf, voire les dix années suivantes. Les exportations d’hydrocarbures en volume du second semestre 2008 ont été inférieures à leur niveau du second semestre 2007 pour plus de 4%, alors que durant l’exercice 2009, la croissance était encore négative avec, au tableau, une baisse de -9,76% des volumes exportés. Les années 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014 ont été également marquées par une contraction des quantités exportées d’hydrocarbures respectivement de -1,78%, -4,89%, -3,3%, -7,37% et -1,74%. Cette tendance baissière a, quelque peu, été freinée en 2015, dont le taux a été ramené à -0,28%, avant que l’année 2016 ne vienne rompre avec dix années de contre-performances. L’éclaircie n’était, toutefois, que de courte durée, puisque le pays allait renouer dès 2017 avec les mouvements baissiers, soulignés au crayon feutre dans les notes de conjoncture 2017-2018 de la Banque d’Algérie. “Les quantités d’hydrocarbures exportées, exprimées en tonnes équivalent pétrole (TEP), qui avaient augmenté de 11,04% entre le premier et le second semestre de 2016, ont reculé à 55,43 millions de TEP au premier semestre de 2017 (-5,68%) pour finir à 52,96 millions de TEP au second semestre de la même année, soit une diminution de 4,47%. Pour toute l’année 2017, les exportations d’hydrocarbures ont baissé de 2,88% pour s’établir à 108,48 millions de TEP contre 111,69 millions de TEP en 2016”, écrit l’institution monétaire. Le ralentissement que connaît l’activité exploration-production avec, comme facteur aggravant, l’échec des appels d’offres lancés depuis 2018, l’évolution à vive allure de la consommation interne… sont probablement responsables de ce mouvement baissier observé sur la courbe des exportations d’hydrocarbures calculées en volume. 

Ali Titouche