Prévisions du FMI sur l’Algérie Hausse du chômage et de l’inflation en 2019

El Watan, 10 octobre 2018

Le FMI n’a cessé ces derniers mois de mettre en garde les pouvoirs publics contre les risques accrus de tensions inflationnistes que pourrait engendrer le financement non conventionnel.

Un taux de chômage à 12,3%, une croissance économique à 2,7% et un rythme d’inflation à 6,7%. Telles sont les principales perspectives socioéconomiques de l’Algérie pour 2019, selon les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI), publiées hier sur son site internet.

Dans son rapport semestriel d’octobre 2018 sur les perspectives économiques mondiales – dévoilé à la veille de la tenue à Bali (Indonésie) des ses assemblées annuelles avec la Banque mondiale (BM) – le FMI prévoit ainsi une hausse à 12,3% du taux de chômage en Algérie pour l’année prochaine, contre une prévision stable de 11,6% pour l’année en cours, alors qu’il se situait à 11,7% en 2017. En juillet dernier, convient-il de rappeler, l’Office national des statistiques (ONS) annonçait un taux de chômage en baisse à 11,1% au mois d’avril 2018.

Selon le FMI, les perspectives socioéconomiques de l’Algérie pour l’année prochaine seront ainsi globalement défavorables, aussi bien pour la l’emploi que pour l’évolution des prix à la consommation. De fait, alors que le projet de loi de finances 2019, adopté tout récemment en Conseil des ministres, table sur un taux d’inflation de 4,5%, les projections du FMI sont, elles, bien moins optimistes, pronostiquant un niveau de 6,7% pour l’évolution des prix à la consommation durant l’exercice prochain.

Maintenant la même prévision de croissance économique que celle émise dans son précédent rapport, soit 2,7%, l’institution de Bretton Woods prévoit également, pour 2019, une évolution à la baisse du déficit du compte extérieur courant, qui devrait s’établir ainsi à 7,9% par rapport au produit intérieur brut (PIB), contre un niveau de 9% du PIB pour l’année en cours.

Dans ses dernières évaluations de l’économie algérienne, faut-il rappeler, le Fonds monétaire international n’a cessé de mettre en garde les pouvoirs publics contre les risques accrus de tensions inflationnistes que pourrait engendrer le dispositif en vigueur de financement non conventionnel des déficits publics. Si les recours à «la planche à billets» sont maintenus comme principal moyen de monétiser les déficits du Trésor, ils devraient être «plafonnés, limités dans le temps et adossés à un taux de marché», recommande en se sens l’institution financière internationale.

Considérant qu’au vu de son très faible niveau d’endettement extérieur et de son matelas de réserves en devises encore appréciable, l’Algérie dispose d’une réelle marge de manœuvre pour redresser ses finances et son économie, le FMI plaide en définitive en faveur d’une démarche progressive d’ajustement budgétaire, qui s’appuierait sur d’autres mesures que le financement non conventionnel.

Il s’agirait ainsi, selon le Fonds, de mettre en place toute une palette d’instruments de financement moins porteurs de poussées inflationnistes, tels que l’émission de titres au taux du marché, des ventes d’actifs publics, c’est-à-dire des privatisations partielles ou totales, et enfin, un recours à l’endettement extérieur pour financer des projets d’investissement biens ciblés.

Des mesures auxquelles doit s’adosser par ailleurs une mise en œuvre urgente de réformes structurelles visant notamment à lutter contre la bureaucratie, à renforcer la gouvernance et améliorer le climat des affaires, préconise encore l’institution financière internationale.