La répression s’abat sur les partis et société civile

Lynda Abbou, Maghreb Emergent, 24 septembre 2018

Un durcissement et une nervosité visibles ont marqué l’attitude du pouvoir envers les manifestations qui ont eu lieu ces derniers temps en Algérie. Ceci n’a ps empêché de nombreuses formations politiques et d’organisations formelles ou informelle de recourir à la rue pour s’exprimer. Plusieurs parties ont dénoncé cette répression et ont annoncé leur solidarité avec les protestataires.

Pour commémorer la 30e année du soulèvement populaire du 05 octobre 1988, La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme ( LADDH ) . L’Association des victimes d’octobre ( AVO ) . Le Rassemblement actions jeunesse (RAJ ) . Le Comité de solidarité avec les travailleurs ( CST ). Amnesty internationale ( A I ). La Coordination de Mouwatana Bejaia, et Jil Jadid Bejaia, ont appelé l’ensemble de la société civile, partis politiques, syndicats, mouvement associatif à prendre part massivement au rassemblement qui aura lieu le Vendredi 05 octobre 2018 à 10 heurs, à l’esplanade de la maison de la culture Taous Amrouche à Bejaia.

Tous ces acteurs ont signé un communiqué sur lequel il est noté, « la répression qui s’est abattu sur le mouvement Mouwatana, l’emprisonnement de Marzouk Touati, de Saïd Chitour et tant d’autres, nous renseignent sur le non respect des droits et la nature totalitaire du pouvoir ». Selon ce document, l’appel au rassemblement servira la cause du le respect des libertés pour une démocratie authentique pour une Etat de droit pour une Algérie Algérienne et pour la libération de tous les détenus d’opinions en Algérie. En outre le but de commémorer cet événement, « est de relancer une dynamique citoyenne pour la réappropriation des acquis démocratiques, sociaux et des libertés fondamentales chèrement arrachés » souligne le communiqué.

L’Instance de Coordination de Mouwatana qui a subit la répression lors de ses dernières sorties de sensibilisation, a rendu public aujourd’hui un communiqué, en soulignant que «  la solidarité avec tous les mouvements est aujourd’hui cruciale pour accélérer le départ du régime actuel ». « Le mouvement de protestation du Sud, en particulier à Ouargla, la protestation des retraités de l’armée ou les actions de Mouwatana sur le terrain ont en commun la résistance face à un pouvoir qui réprime les libertés et qui refuse que les Algériens puissent exiger leur dignité » ajoute Mouwatana dans son communiqué. A cet effet, Mouwatana a réaffirmé, sa condamnation sans réserve, du recours à la répression et à l’interdiction des manifestations et affirme son soutien aux revendications des concitoyens du Sud et des retraités de l’armée.

Le parti Jil Jadid, a exprimé dans un communiqué, son soutien aux retraités de l’armée. « Ce sont ces hommes qui avaient fait barrage au terrorisme lorsque le pays en avait besoin. Aujourd’hui, ils sont abandonnés par tous et surtout par ceux qui ont détourné leurs sacrifices pour s’enrichir sans vergogne et sans limite. Le pouvoir est en train de créer une “fitna” à l’intérieur des institutions sécuritaires. En mettant face à face des anciens collègues, il brise la solidarité de corps, introduit le doute au sein des troupes et les démoralise » a lâché Jil Jadid . D »après ce dernier, la répression violente de toute manifestation mènera inexorablement le pays vers une crise sécuritaire.